Le pompier Bush

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Jean-Marc Salvet
Le Soleil

Le président Bush ne s'est pas converti à l'interventionnisme avec son plan de sauvetage de 700 milliards $ du système bancaire américain. Il ne fait que répondre à une urgence, comme un pompier tentant de stopper la propagation d'un incendie.

On ne peut pas se réjouir de voir les spéculateurs empocher leurs faramineux profits et laisser aux autres le soin de payer pour les pots qu'ils cassent. On ne peut pas se réjouir de voir les pertes des apprentis sorciers de Wall Street être épongées par les contribuables.

L'objectif du plan Bush répond cependant à une nécessité. Il s'agit d'éviter le naufrage du système financier américain.

Le Trésor américain n'a pas le choix de se donner les moyens de racheter les actifs douteux détenus par les institutions financières américaines, actifs à l'origine de la crise. En leur permettant de s'en débarrasser, il leur permettra de relancer graduellement l'offre de crédit aux consommateurs.

Si l'obtention de prêts continuait d'être bloquée, c'est une profonde récession qui s'installerait avec son lot de fermetures d'entreprises et de pertes d'emplois.

Mais ce plan ne doit pas être adopté sans contrepartie. Les banques qui décideront de recourir à l'aide publique de Washington devraient céder temporairement une partie de leur capital au gouvernement. Les contribuables auraient ainsi l'assurance de retirer un jour les bénéfices du redressement espéré.

Ce n'est pas du populisme de juger scandaleux que Dick Fuld, l'ex-président de Lehman Brothers, une firme désormais en faillite, ait touché une rémunération de 40 millions $ en 2006 et de 39 millions $ l'an dernier.

Il faudra aussi agir sur ce front. Faire en sorte, par exemple, que les mécanismes de rémunération ne soient plus fondés sur la prise de risques. Plus celle-ci est élevée, plus la rémunération à court terme l'est aussi. C'est une aberration.

La culture des bonis extravagants a conduit dans le mur.

Ce désastre financier servira-t-il de leçon aux fondamentalistes du marché? Non. Croire que Wall Street changera, c'est rêver en couleur. Chassez le naturel et il reviendra au galop.

Pour que Wall Street change, il faudra que le gouvernement fédéral américain se convertisse à une forme d'interventionnisme réglementaire. Il faudra qu'il instaure des mécanismes de contrôle et de supervision.

Merci au président français, Nicolas Sarkozy, de l'avoir rappelé à la tribune de l'ONU.

Il y a quelque chose de pourri au coeur du système financier mondial ? étatsunien en particulier.

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