Des marchés fous

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Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) C'est absurde. Les opérateurs et investisseurs boursiers craignent que le plan Paulson et les garanties données par les gouvernements européens ne suffisent pas à éviter une récession mondiale.

Inquiets, ils vendent. Ils font plonger les Bourses. Le drame est que leur mouvement de panique nous rapproche toujours plus de cette récession tant redoutée. Elle est là, l'absurdité. Dans ce cercle vicieux.

Que des indicateurs économiques piquent du nez, c'est un fait. Pertes d'emplois aux États-Unis, ralentissement dans la consommation des ménages; c'est un sale engrenage qui se met en place.

Les inquiétudes des opérateurs et des investisseurs boursiers ne sont pas toutes sans fondement.

Le problème est que leur comportement erratique des derniers mois n'a pas seulement fait culbuter tous les indices boursiers. Il a directement contribué à la mise en berne de nombreux indicateurs de l'«économie réelle».

Il ne faut pas s'étonner de voir les prévisions de croissance être sans cesse revues à la baisse. Les grands manitous des parquets contribuent à miner la confiance des consommateurs.

Si le comportement grégaire des Bourses avait une certaine rationalité ces jours-ci, on pourrait comprendre. Mais ce n'est pas le cas. Des poules sans tête courent sur les parquets. Elles se transmettent la moindre de leurs peurs.

Vendredi, les analystes se disaient confiants que l'adoption du plan de sauvetage de 700 milliards?$ du système bancaire américain calmerait le jeu.

Ça n'a pas été le cas. Ces mêmes analystes cherchaient donc des explications, hier. Ils ont évoqué l'assèchement des liquidités. Ils ont montré du doigt des institutions financières européennes.

Le rachat de la belgo-luxembourgeoise Fortis par la française BNP Paribas aurait dû apaiser les inquiétudes. Même chose pour le renflouage de Hypo Real Estate par l'État allemand.

Les gouvernements ont beau répéter qu'ils feront tout pour assurer la stabilité du système financier, rien n'y fait. Les banques centrales ont beau injecter des centaines de milliards, rien n'y fait non plus.

Les capitales européennes n'auront pas le choix de s'entendre sur un plan concerté.

Quand les principaux feux auront été circonscrits, les gouvernements du monde n'auront pas le choix d'élaborer un cadre serré pour contrôler le système financier mondial. Le système bancaire canadien pourrait servir d'exemple.

D'ici là, les places boursières devront se remettre à respirer par le nez. Souhaitons qu'elles commencent à se calmer aujourd'hui; qu'elles ne tuent pas le malade.

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