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Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) En apparence, Jean Charest dit à peu près la mê­me chose que Stephen Harper sur la crise financière mondiale et le ralentissement économique amorcé chez nous. Mais sur le fond, il est beaucoup plus crédible que lui.

Pourquoi? Parce que son gouvernement ne tombe pas des nues. Les derniers budgets de Qué­bec et d'Ottawa démontrent parfaitement ce que nous voulons illustrer. Le budget présenté par le ministre conservateur Jim Flaherty à la fin de l'hiver ne voyait à peu près aucun nuage dans le ciel. Celui de son homologue québécoise, Monique Jérôme-Forget, déposé quelques jours plus tard, s'attardait aux problèmes de l'économie américaine, à la baisse de la consommation des ménages et aux difficultés du mar­ché immobilier.

Les lunettes de Mme Jérôme-Forget n'étaient pas roses, même si elle tablait tout de même sur une étonnante croissance de 1,5 % au Québec. Elle sera évidemment beaucoup moins élevée.

Mais c'est un fait que le programme de réfection des infrastructures et les investissements d'Hydro-Québec dans le domaine énergétique aident le Québec. Ils stimulent la demande intérieure au moment où les exportations vers les États-Unis fléchissent.

L'abolition de la taxe sur le capital dans le secteur manufacturier a aussi éliminé un irritant.

Si la tournure prise par la crise financière était imprévisible l'an dernier, le ralentissement économique, lui, ne l'était pas. Une capitale s'y est préparée, l'autre pas. Voilà pourquoi la crédibilité est plus grande du côté de Québec que d'Ottawa.

Le gouvernement Charest s'est débarrassé à temps de son penchant pour la non-intervention.

En créant trois «équipes de vigilance», le premier ministre québécois veut montrer qu'il y a un capitaine sur le pont. Les motivations politiques ne sont pas loin.

Si on admet que la confiance est l'ingrédient de base en économie, l'initiative est néanmoins la bienvenue. La chef du PQ, Pauline Marois, a raison de dénoncer certaines décisions du gouvernement libéral. Rien de sérieux n'a été entrepris pour accroître la productivité, qui traîne gravement de la patte au Québec.

La bonne volonté qu'elle veut démontrer en cette période doit cependant l'inciter à tourner son regard vers les prochains mois et les prochaines années plutôt que vers le passé. Même chose pour le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont. Si l'ADQ et le PQ croient que le gouvernement du Québec peut faire plus et mieux, ils ont la responsabilité de présenter leurs solutions. Le temps n'est pas aux gesticulations politiques.

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