L'Organisation internationale de la Francophonie traîne des boulets dont elle peine à se débarrasser.
Malgré la large place qu'elle vient d'accorder à la langue française, elle demeure un objet politique difficilement identifiable. Elle s'est trop dispersée dans ses missions pour se retrouver une vocation l'espace d'un sommet.
Elle a accepté en son sein tant de pays non francophones au fil des ans que son secrétaire général, Abdou Diouf, a été obligé, en fin de semaine, de leur proposer des «pactes linguistiques».
La Déclaration de Québec apparaît pour ce qu'elle est : une simple déclaration d'intentions.
Si le XIIe Sommet, conclu hier à Québec, n'est pas celui du renouveau, il est, en revanche, celui où l'on a tenté de corriger certains errements passés. Les pactes linguistiques, pour revenir à eux, en sont un exemple.
Si l'on doit être exigeant envers la Francophonie, il serait cependant ridicule de tomber dans l'excès, de se laisser aveugler. Croire, par exemple, qu'elle est la seule organisation internationale qui se cherche sans se trouver. C'est faux.
On sombre dans la facilité et l'ignorance quand, à force de taper sur le seul clou francophone, on laisse entendre que tout va pour le mieux dans les autres organisations mondiales.
En réalité, le Commonwealth n'a pas davantage les moyens de ses ambitions que la Francophonie. Cette association d'anciennes possessions de l'Empire britannique cherche elle aussi à démontrer son utilité.
Dans un monde interdépendant, nous avons besoin d'organisations plus solides et plus efficaces.
Le fonctionnement du Fonds monétaire international et celui de la Banque mondiale sont à revoir. Le président français, Nicolas Sarkozy, a raison d'insister là-dessus.
L'ONU aussi se cherche. Elle n'est pas le cadre de la légalité, mais le théâtre où s'expriment les intérêts des uns et des autres.
Ceux qui, avec raison, se disent déçus de la Déclaration de Québec ont-ils déjà lu les déclarations de l'Assemblée générale des Nations unies? Voeux pieux pour voeux pieux...
Il y a tant de dictatures qui siègent à New York que le président américain, George W. Bush, a souvent rêvé de créer une seconde «ONU», qui ne regrouperait, celle-là, que des démocraties.
Malgré tout, si ces organisations n'existaient pas, il faudrait les inventer ? même avec leurs imperfections. Y compris la Francophonie. Pourquoi? Parce qu'elles sont des espaces de dialogues et de rencontres.
C'est peu, mais tellement indispensable.











