Ils ne se convertiront pas au Protocole de Kyoto. Ils ne réclameront pas le rapatriement d'Omar Khadr de Guantanamo. Ils continueront de s'opposer à l'interdiction des armes de poing.
Mais ils doivent désormais, de façon générale, gouverner pour tous les Canadiens. Ils doivent être plus à l'écoute.
Le peuvent-ils?
Si les gestes et les mots d'hier veulent dire quelque chose, la composition du nouveau Conseil des ministres et le discours livré par Stephen Harper démontrent qu'ils en ont la volonté.
À ce stade-ci, c'est déjà pas mal.
Il ne s'agit pas aujourd'hui de savoir s'il faut croire le premier ministre lorsqu'il déclare, en parlant des menaces sur le front économique, qu'il sera ouvert aux meilleures idées peu importe leurs couleurs politiques. Il s'agit de laisser sa chance au coureur et de considérer qu'il vient de prendre l'engagement de l'ouverture. Il sera jugé là-dessus.
Le Conseil des ministres qu'il vient de former est plus à droite que pouvaient l'être les équipes ministérielles de Brian Mulroney. Mais il l'est moins que celui qu'il vient de dissoudre.
Il est plus féminin. Plus solide aussi, notamment sur le plan économique. Des gaffeurs entêtés comme Jean-Pierre Blackburn ont été nommés à des postes moins risqués. Denis Lebel le remplacera avantageusement.
On se réjouit de voir Jim Prentice accéder à l'Environnement.
À l'inverse, il faut déplorer la nomination de l'unilingue anglophone Jay Hill à un poste comme celui de leader du gouvernement à la Chambre des communes.
Même si Lawrence Cannon est devenu le patron du prestigieux ministère des Affaires étrangères, le poids relatif du Québec a diminué.
Cela étant, le Québec serait malvenu de se plaindre de la faiblesse de sa représentation.
Les Québécois ont voté en très grand nombre pour le Bloc québécois. Soit parce qu'ils craignaient l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire, ce qui est compréhensible. Soit parce que ? à défaut de pouvoir donner vie au projet souverainiste ? ils ont pris l'habitude de camper dans l'opposition et de laisser à d'autres le pouvoir fédéral.
Le Québec fait chambre à part à Ottawa. Il ne peut pas avoir le meilleur des deux mondes.
Impossible que cette situation ne se reflète pas au Conseil des ministres. Il serait absurde de s'en offusquer aujourd'hui, de faire comme s'il aurait pu en être autrement.
Personne ne pouvait sérieusement s'attendre à ce que les 10 élus conservateurs du Québec soient tous ministres. C'était
impossible.











