Barack Obama est d'accord, mais l'administration Bush hésite. Pas sûr que GM pourra attendre que le nouveau président soit en poste.
L'onde de choc entraînerait un grand nombre de constructeurs et de fournisseurs à la faillite. Trois millions d'emplois sont menacés. Les pertes fiscales seraient de 150 milliards $ en trois ans!
En Europe, des manufacturiers réclament diverses mesures pour favoriser l'achat de voitures neuves car les ventes s'effondrent aussi : en octobre, elles ont chuté de 40 % en Espagne, de 19 % en Italie... Même le Japon écope!
À leur tour, les trois grands pressent le gouvernement Harper d'agir. En Ontario, ils sont 400 000 travailleurs ? et huit villes ? à dépendre de l'automobile. Une dizaine d'usines d'assemblage et de pièces risquent la fermeture.
L'Ontario craint de plonger en pleine récession car son économie est fondée sur cette industrie. Des centaines de fournisseurs écoperaient partout au pays. Pas étonnant que le premier ministre, Dalton McGuinty, réclame l'intervention d'Ottawa.
Mais faut-il venir à leur rescousse? Si on doit en arriver là, ne peut-on imposer des exigences sévères aux dirigeants de ces entreprises qui n'en ont toujours fait qu'à leur tête? Car s'ils se retrouvent dans de beaux draps, ils en sont les premiers responsables en persistant dans la production de véhicules énergivores, mais lucratifs, malgré les avis contraires.
Bien sûr, ils ne sont pas les seuls coupables. Il a bien fallu des acheteurs pour ces gros VUS! Les travailleurs des trois grands, par leurs exigences, ne sont pas non plus exempts de tout blâme.
Si le gouvernement aide ces géants vacillants ? peut-il en être autrement? ?, le signal doit d'abord venir de Washington. Pour obtenir du crédit, les manufacturiers doivent offrir la garantie que les Canadiens n'investiront pas à fonds perdus. L'État doit avoir son mot à dire sur les orientations des entreprises aidées. Va pour financer une reconversion d'usines destinées à la production de véhicules hybrides ou mus à l'électricité, mais non si c'est pour maintenir des attitudes irresponsables.
Leurs dirigeants et leurs conseils d'administration devront aussi faire leur part en acceptant de couper dans leurs juteux émoluments, question de prouver, cette fois, qu'ils ont bien compris la leçon!











