Pour ceux qui espéraient que cette réunion allait «refonder le capitalisme», ce rendez-vous ne peut être qu'un échec. S'il n'en est pas un, c'est que l'enjeu réel était beaucoup plus modeste que celui-là.Le président français Nicolas Sarkozy a bel et bien parlé de «refonder le capitalisme», mais il ne cherchait en réalité qu'à «réformer le système». Pas le système capitaliste, mais le système financier.
Si Sarkozy a joué sur tous les tableaux à la fois, s'il s'est taillé un costume de Zorro, c'était pour soigner sa cote de popularité en France. Comme à son habitude, Stephen Harper était plus terne. Mais il était moins éparpillé dans ses attentes. Plus honnête aussi, pourrait-on dire.
Entre refonder le capitalisme et réformer le système financier, il y a un monde. C'est à cette plus petite unité de mesure que le résultat de la réunion de Washington est plus intéressant que ce que nous pouvions espérer.
Il faut aussi considérer le fait que Barack Obama - le président élu de la nation qui donne encore le ton en ces matières - n'est pas au gouvernail, que les États-Unis sont en période de transition.
Voilà pourquoi, pour l'heure, on peut se réjouir de la volonté affichée par les dirigeants du G20 de réformer le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, d'améliorer la transparence des marchés financiers, de revoir les règles régissant les fraudes, ainsi que de leur désir de voir les grandes banques adopter des mesures pour prévenir les risques excessifs. Ce sont des pas en avant.
On peut se réjouir, mais pas se satisfaire. Il ne faudrait pas seulement contrôler mais interdire. Interdire la titrisation par les banques de tous leurs risques de crédit, par exemple.
Dans un monde idéal, il faudrait aussi aller beaucoup plus loin : taxer la spéculation à court terme en la rendant financièrement inintéressante. Mais le G20 n'ira jamais jusque-là. La logique du toujours-plus-toujours-plus-vite continuera de prévaloir. Il est vrai qu'elle est tellement humaine.
L'élément le plus marquant du sommet est que ce n'était pas un G7 ou un G8, mais un G20. Le Chinois Hu Jintao y était. Le Brésilien Lula da Silva aussi.
Le directoire mondial vient de s'élargir. Ceux qui estiment que la vision égoïste des intérêts occidentaux conduit à un mur doivent s'en féliciter.












