Avant même que les grandes économies ne commencent à s'essouffler, les dirigeants de la planète étaient déjà déchirés. Comment diminuer la pollution et les émissions de gaz à effet de serre sans nuire au développement économique, sans effrayer les investisseurs?
Aujourd'hui, avec la récession, la question devient encore plus complexe. Comment lutter contre les changements climatiques sans mettre en péril l'anémique activité économique? Au moment où les gouvernements doivent investir pour stimuler leur économie et que les entreprises tournent au ralenti, où trouver les fonds pour prendre le virage de l'économie verte?
Il y a deux ans, l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Nicholas Stern, avait livré un message sans équivoque. Si la communauté internationale refusait de se mobiliser sur le plan environnemental, les changements climatiques auraient sur l'économie mondiale un effet aussi néfaste que la Grande dépression des années 30. Les drames humains et écologiques en sus.
Cette urgence ne se dissipe pas avec la récession. Il y a nécessité de lutter sur les deux fronts, par exemple en investissant dans la recherche et le développement de technologies moins polluantes et moins énergivores, et en supportant les entreprises propres. Le réflexe ne doit pas être d'exempter des industries du principe pollueur-payeur, comme le proposent l'Italie et l'Allemagne.
Lueur d'espoir dans cette double crise, les États-Unis, qui s'étaient montrés peu combatifs, pourraient manifester plus de vigueur. À Poznan, ce sont encore des représentants de l'administration Bush qui défendront la position de nos voisins. Mais Barack Obama y a toutefois dépêché John Kerry. Al Gore y sera aussi. Lorsque viendra le temps l'an prochain à Copenhague de conclure un nouvel accord pour renouveler Kyoto ou pour élaborer un nouveau traité, ce n'est plus un président niant les problèmes liés au réchauffement climatique qui donnera le ton.
Souhaitons que ce changement de garde aura un effet d'entraînement sur le gouvernement conservateur de Stephen Harper, jusqu'à maintenant associé à la position Bush. Le ministre Jim Prentice a déjà plaidé qu'une approche commune avec les États-Unis est essentielle. Cette fois-ci, espérons que ce sera pour le mieux.










