Début décembre, le premier ministre canadien s'est dépêché de fermer le Parlement pour éviter la chute de son gouvernement. Quoi que chacun puisse penser de la coalition créée pour le remplacer, le geste est inouï.
En janvier, il avait congédié la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Linda Keen. Motif? Elle ne lui avait pas obéi au doigt et à l'oeil.
C'est pourtant le ministre des Ressources naturelles, Gary Lunn, qui aurait dû être mis à la porte pour l'arrêt prolongé du réacteur de Chalk River, en Ontario.
M. Harper a confondu leadership et sautes d'humeur tout au long de 2008.
Il faut dire qu'il n'est pas le seul à avoir démérité dans son équipe. Du député Maxime Bernier au candidat battu dans Louis-Hébert, Luc Harvey, ils sont plusieurs à pouvoir porter une copie du même chapeau.
L'ex-chef libéral, Stéphane Dion, hérite du titre peu enviable de la personnalité canadienne la plus déconcertante de l'année qui s'achève. Il a raté son examen de passage. Déconcertant, parce que si cet esprit brillant a trébuché, c'est surtout par inefficacité.
On dira un jour de cet homme qu'il avait de la volonté, mais qu'il n'était pas au bon endroit au bon moment.
Le chef démissionnaire adéquiste, Mario Dumont, remporte la palme de la personnalité la plus désespérante de la scène politique québécoise. Il a bousillé le capital de sympathie gagné en 2007.
Chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, il n'a pas su profiter des occasions qui lui étaient offertes pour gagner en crédibilité. Il a brûlé ses cartouches les unes après les autres.
Deux personnalités dont il se souviendra ont, par contraste, fait oeuvre très utile en 2008. Il s'agit de Gérard Bouchard et de Charles Taylor. Ils ont éteint les feux démagogiques allumés par l'ADQ, ainsi que toutes les étincelles lancées par des médias tapageurs et irresponsables.
Si une palme d'or devait être remise pour la contribution sociale la plus positive de l'année, c'est à eux qu'il faudrait la remettre.
Dans leur rapport déposé en mai, ces deux pompiers ont démontré que la crise autour des accommodements raisonnables était née de perceptions erronées. La preuve? Des accommodements de toutes sortes continuent d'être trouvés chaque semaine sans que qui que ce soit ne s'en offusque. Merci à MM. Bouchard et Taylor.
L'année 2008 a consacré le sérieux et l'efficacité de la ministre québécoise des Finances, Monique Jérôme-Forget. Le titre de personnalité politique québécoise la plus efficace lui appartient.
C'est le premier ministre Jean Charest qui devrait lui remettre le prix, tant il est vrai que sa ministre est pour beaucoup dans la crédibilité qu'il a lui-même pu engranger ces derniers mois.
Dans la capitale, deux palmes doivent être attribuées. Sans surprise, la première doit être décernée au chef d'orchestre des Fêtes du 400e, Daniel Gélinas, et la seconde, à cet audacieux magicien qu'est Robert Lepage. Deux hommes auxquels s'accroche le maire Régis Labeaume pour projeter Québec dans l'avenir.
Ils ont changé la perception que les citoyens de la capitale avaient de leur ville, ainsi que celle qu'avaient encore beaucoup de Québécois.
Ils ont révélé la capitale à ceux qui ne la voyaient pas encore, à toutes ces personnes restées accrochées aux échecs de 1984.
MM. Gélinas et Lepage sont les réalisateurs les plus motivants et les plus inspirants de l'année 2008. Pas seulement à Québec, mais au Québec.

















