L'autoroute fluviale

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L\'autoroute fluviale

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Le Soleil

Robert Fleury
Le Soleil

(Québec) Ne pourrait-on allouer une partie des futurs programmes d'infrastructures routières pour favoriser l'utilisation d'une autoroute durable et de faible entretien, le Saint-Laurent?

Certes le transport général des marchandises restera le fief du camionnage par sa flexibilité et son faible coût. Sauf que ce coût est beaucoup plus élevé qu'il n'y paraît. Les semi-remorques détruisent le réseau routier tout en émettant dix fois plus de gaz à effet de serre que les voitures d'eau. En Allemagne, le coût «réel» du camionnage incite les manufacturiers à utiliser abondamment des barges sur leur réseau de canaux intérieurs.Nombre de produits à fort tonnage tirés de la forêt et des mines, de même que les éoliennes et les turbines hydroélectriques, pourraient ainsi transiter par les ports du Saint-Laurent. Mais pour ce faire, il faut une politique de transport maritime digne de ce nom. Et quant à devenir un pays producteur d'éoliennes, aussi bien concevoir des navires spécialisés pour les acheminer à destination!

Il faut plus que des garanties de prêts comme celles consenties par Exportation et développement Canada - et dans une certaine mesure par Investissement Québec - pour aider les chantiers maritimes à développer de nouvelles compétences.

Ainsi, l'imposition de frais de douanes de 25 % pour les armateurs canadiens qui font construire leurs navires à l'étranger a raté sa cible : les chantiers navals du pays n'en ont pas retiré un sou ni obtenu une seule commande de plus! Pire, des armateurs pouvaient y voir une incitation à battre pavillon étranger pour se soustraire à cette «taxe à l'importation».

Nos chantiers navals sont réputés pour la qualité de leurs réparations et de leur entretien, mais non pour la conception de nouveaux navires. Pourtant les besoins sont là : la flotte des Grands-Lacs vieillit et doit se renouveler. De même, la croissance prévisible des activités arctiques nécessitera la présence de plusieurs brise-glace - et non d'un seul, aussi superpuissant soit-il - ainsi que de nombreux navires d'approvisionnement pour l'exploration et l'exploitation minière ou pétrolière.

Québec fait sa part avec sa politique de l'intermodalité destinée à favoriser l'utilisation du rail et de la navigation : reste à y recourir davantage même si cela semble mieux convenir au train qu'au transport par bateau.

Il presse que le gouvernement fédéral adopte des mesures qui favoriseront le transport maritime : l'économie canadienne et l'environnement ne s'en porteront que mieux!

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