Elle avait très mal présenté ces événements. Elle a ainsi permis à des indépendantistes purs et durs d'en exploiter les faiblesses à des fins politiques; permis à une controverse d'enfler au point de déraper scandaleusement dans d'intolérables menaces de toutes sortes.D'autres personnes - qui ne sont pas des militants souverainistes - avaient aussi fini par exprimer un malaise. C'est le cas de différents ministres du gouvernement québécois.
Le premier ministre Jean Charest avait, lui, pris ses distances très rapidement des événements annulés hier par le président de la Commission des champs de bataille, André Juneau.
Mais, bien franchement, à moins d'être de ceux qui considèrent que tout ce qui vient de la Commission est par nature mauvais, on doit aujourd'hui constater qu'elle a correctement refait ses devoirs.
Les documents écrits présentés hier aux médias témoignent d'un sérieux dans les activités de commémoration à venir. Un net contraste avec l'impression de légèreté qui flottait au-dessus du site Internet de la Commission.
Dans les fiches techniques, le ton n'est pas à la célébration. «Le 12 juillet 1759, c'est le début des bombardements sur Québec. La région environnante de la cité subissait déjà la pression militaire des Britanniques et toutes les horreurs qui accompagnent les combats. Tout au long de l'été, selon une estimation, l'artillerie britannique fera pleuvoir 10 000 bombes incendiaires et 40 000 boulets sur la ville.»
Dans ces fiches, on retrouve les noms d'historiens et d'universitaires réputés. Celui de Jacques Lacoursière, qui cosignera un livre intitulé Québec ville assiégée. Celui de Denys Delâge, qui prononcera une conférence sur les Amérindiens et la bataille des plaines d'Abraham. Celui encore de Frédéric Guelton, spécialiste français de la guerre de Sept Ans. Des gens de renom.
Les commémorations s'appuient désormais essentiellement sur des livres, des colloques, des conférences et des expositions. Il fallait en arriver là .
Le dévoilement tardif d'information sur ces volets de la programmation a sans doute permis à la polémique sur la reconstitution de prendre une ampleur aussi démesurée que malsaine.
Rien, pourtant, ne pouvait justifier les menaces de violence. Ce n'est jamais ainsi que l'on doit faire valoir son point de vue.
















