Faut-il payer 5, 15 ou 25 sous supplémentaires sur davantage de boissons, et se les faire rembourser lorsqu'on rapporte les contenants vides chez Provigo, Metro, IGA ou ailleurs? Ou faut-il plutôt convaincre les citoyens d'utiliser davantage leurs bacs domestiques de récupération pour les canettes et les bouteilles?
Où est la solution de l'avenir?
Si la question reste en suspens, c'est que le système de dépôt et la collecte sélective comportent tous deux des avantages et des inconvénients. Chacun trouvera d'ailleurs les arguments qu'il veut auprès de l'expert de son choix.
Certains ont beau trouver ridicule qu'il faille un système de consignation pour favoriser la récupération ? celle des canettes de boisson gazeuse, par exemple ?, il n'en demeure pas moins que la méthode donne des résultats.
Il n'y a pas mieux jusqu'à présent pour favoriser la récupération des contenants d'aluminium, de verre et de plastique. Les taux de récupération oscillent autour de 70 %.
Il ne saurait être question d'éliminer du jour au lendemain cette «taxe» persuasive, donc.
Les dizaines de millions de bouteilles de vin vendues chaque année par la Société des alcools du Québec ne sont pas consignées, elles. Résultat : moins de 60 % sont récupérées à travers nos bacs bleus ou verts, selon la SAQ ? beaucoup moins selon Recyc-Québec.
Les autres se retrouvent à la poubelle. On se demande à quoi sert le bac de récupération chez certains.
Élargir la consigne aux bouteilles de vin est tentant. La consigne privée mise en place par les brasseurs donne d'incroyables résultats pour les bouteilles et les canettes de bière. Son succès atteint 98 %.
Tentant, mais faut-il aller jusque-là pour le vin? Même avec une consigne, le taux de récupération n'atteindrait pas celui des brasseurs.
Les retours ne seraient pas aussi massifs. D'abord, parce que les succursales de la SAQ ne sont pas aussi répandues que les dépanneurs. Ensuite, parce que le bac de récupération est quand même déjà une habitude pour de nombreux Québécois.
Les comparaisons avec l'Ontario, où un système de dépôt a été établi pour les bouteilles de vin, sont séduisantes, mais boiteuses. Nos voisins ne consomment pas autant de vin que nous. Le même système serait plus complexe et coûteux au Québec.
Est-ce, en plus, le bon moment d'aller de l'avant alors que les grands bacs roulants de récupération se généralisent? Une campagne de sensibilisation ne suffirait-elle pas à faire grimper le taux de récupération à travers les bacs domestiques?
La SAQ pourrait faire un effort publicitaire de ce côté.
Oui, la consigne a prouvé son utilité. Elle le prouve encore. Mais est-elle pour autant la voie de l'avenir?
Réunis en commission parlementaire l'an dernier, le PLQ, le PQ et l'ADQ ont estimé que les Québécois ont de moins en moins besoin d'une récompense directe pour récupérer. Un indice? Le taux de récupération des canettes par la consigne a glissé de 73,3 % à 66,8 % de 2004 à 2007.
Si nous débattons sans cesse des avantages et des inconvénients des deux systèmes, c'est beaucoup en raison de l'inertie du gouvernement Charest. Ses tergiversations nous font perdre beaucoup de temps.
Son incapacité à décider si les bouteilles d'eau doivent être consignées ou non en témoigne.
Consigne ou collecte sélective? En fait, peu importe le système. L'un n'est pas supérieur à l'autre par nature. Tout dépend des moyens qu'on met en place.
À l'heure actuelle, le Québec a surtout besoin d'une direction gouvernementale claire. Le plus important est que le gouvernement québécois se fixe.
Le vrai problème, c'est son indécision. Tant qu'elle perdurera, les outils ne s'amélioreront pas.










