Cette information a été communiquée à Michael Ignatieff par le président Barack Obama, jeudi.
Combien de semaines aurait-il fallu attendre avant que le gouvernement canadien révèle que le sort d'Omar Khadr est lié à ce processus? De très nombreuses.
L'équipe de Stephen Harper cultive le secret de façon paranoïaque.
D'une certaine manière, il est logique que la nouvelle administration américaine procède à cette classification. Elle a beau avoir décidé de fermer cette sordide prison, encore faut-il qu'elle sache quoi faire des détenus.
Ce qui est anormal, par contre, est qu'Ottawa refuse encore obstinément de réclamer le rapatriement du jeune Khadr, le dernier ressortissant occidental encore enfermé à Guantanamo.
Omar Khadr aurait déjà dû être jugé au Canada selon les lois canadiennes.
Les autres ressortissants occidentaux ont été rapatriés les uns après les autres. Certains en France, d'autres en Angleterre, d'autres encore en Australie.
Ils ont été jugés, ou sont en train de l'être, en regard des lois du pays dont ils ont la citoyenneté.
Comme d'anciens codétenus, Omar Khadr est (ou a été) un islamiste radical. Endoctriné par son père, cet enfant soldat a grandi dans la haine de l'Occident.
Mais a-t-il tué un militaire américain en Afghanistan alors qu'il avait 15 ans, comme on l'en accuse? Six ans plus tard, personne ne le sait.
Qu'est-ce que la classification entreprise par les autorités américaines réglera sur le fond? Rien.
Omar Khadr devra un jour ou l'autre être jugé devant un vrai tribunal. Le devoir du Canada est de faire en sorte qu'il le soit ici.
Pourquoi est-il un cas d'exception parmi tous les ressortissants des pays occidentaux à être passés par Guantanamo? Parce que le gouvernement Harper craint d'admettre qu'il s'est trompé. Il ne veut pas perdre la face.
Le problème est qu'il la perdra.
Quand? Lorsque Washington, ne sachant plus quoi faire de cet ancien enfant soldat, lui demandera de le récupérer.











