Mépris pour les soldats

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) Stephen Harper estime maintenant que le Canada et ses alliés ne remporteront jamais la guerre contre les insurgés en Afghanistan. Pour certains, il s'agit d'une déclaration stratégique du premier ministre canadien. Nous y voyons surtout une façon de faire qui frôle le mépris. Le premier ministre doit rapidement préciser aux Canadiens son plan de match.

Le problème n'est pas que la pensée du chef conservateur a évolué depuis que son gouvernement a décidé l'an dernier de prolonger jusqu'en 2011 la mission canadienne en Afghanistan. Mais bien qu'il a préféré livrer son message sur la chaîne américaine CNN plutôt que d'en aviser d'abord les Canadiens et les militaires. Au lieu de faire le point avec ses concitoyens et de proposer un plan pour les mois et les années à venir, M. Harper a lancé une information chez les voisins sans que l'on sache trop où il s'en va et quel rôle il entend faire jouer au Canada en Afghanistan. Comme si les soldats qui risquent leur vie là-bas pouvaient passer en second. Comme si leurs proches devaient supporter l'angoisse et l'absence sans avoir la conviction que la cause défendue est valable. Comme si les Canadiens devaient continuer de sacrifier des vies et d'engloutir des milliards de dollars sans se soucier des résultats escomptés.

L'arrivée d'un nouveau président américain vient bien sûr changer la dynamique en Afghanistan. La présence de Barack Obama, les risques d'enlisement et la tenue prochaine d'élections poussent les alliés à s'interroger sur leur engagement et leur stratégie. Washington, Londres, Berlin et Paris viennent d'ailleurs de nommer des envoyés spéciaux en sol afghan.

Que fera le Canada? Nous devrions le savoir sans nous brancher sur la télé américaine et sans devoir extrapoler sur les propos du premier ministre. Si une victoire militaire est impossible, est-ce que le Canada abandonne tout maintenant ou en 2011? Est-ce qu'il se concentre dorénavant sur des demi-victoires possibles en matière d'économie, d'éducation, de justice, de diplomatie? Est-ce qu'il est prêt à négocier avec les talibans? Le premier ministre doit donner des réponses, exposer clairement sa vision.

Aujourd'hui, les ministres Stockwell Day et Beverley J. Oda présenteront un rapport sur l'engagement du Canada en Afghanistan. La semaine dernière, le gouvernement fédéral a fait discrètement savoir sur Internet que le Canada avait consacré 11,3 milliards $ à cette mission depuis 10 ans. Ottawa ne peut égrainer ainsi les informations. M. Harper doit livrer une vue d'ensemble pour que la suite des choses soit discutée aux Communes et établie sur des bases solides.

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer