Heureusement, M. Rousseau est disposé à venir s'expliquer plus amplement devant les élus. Déjà lundi, plusieurs de ses arguments énoncés devant le parterre complice de la Chambre de commerce de Montréal ont été pertinents au débat, permettant entre autres de désamorcer certaines critiques injustifiées.
Tout d'abord, l'institution n'est pas au bord de la faillite comme on pourrait le croire à en entendre certains. La Caisse demeure en effet, malgré sa terrible contre-performance de 2008, une référence aux yeux très critiques des agences de notation financière qui lui accordent l'excellente cote triple A. Sa gestion globale permet toujours aux déposants de continuer à honorer leurs obligations, bien que le bilan 2008 soit venu bousculer leurs prévisions.
Par ailleurs, et il faut insister sur cet élément, les placements liés aux actifs adossés au papier commercial, les fameux PCAA, ne sont pas devenus du jour au lendemain des pertes sèches. Pour peu qu'il y ait retour d'un marché liquide pour ces titres, ces créances pourraient en bonne partie être récupérées par la Caisse et ses déposants. Il faut évidemment pour cela qu'il y ait reprise plus tôt que tard.
D'ailleurs, si l'Apocalypse annoncée devait ne pas se produire, les actionnaires de la Caisse devraient une fière chandelle à Henri-Paul Rousseau. Tout coupable qu'il soit d'en avoir trop accumulé - et il admet cette faute - , c'est néanmoins lui qui s'est démené pour empêcher une funeste vente de feu des PCAA canadiens, à titre de principal artisan de l'Entente de Montréal.
Pour ce qui est cependant de ses explications d'hier sur la saine gestion du risque à la Caisse, elles n'ont convaincu personne. La course au rendement ne donne pas l'impression d'avoir été vraiment contrôlée. De même, la preuve de la surpondération de la Caisse en actifs québécois est toujours à faire. Et, malgré les affirmations d'indépendance, il reste des zones d'ombre dans les relations entre Caisse et gouvernement.
Pour ce qui est enfin de la comparaison des performances de M. Rousseau et de ses prédécesseurs, il n'y a rien d'utile à tirer de cette dispute de chiffonniers.
Ce qui compte maintenant, c'est de s'assurer à travers le travail sérieux d'une commission parlementaire de ne pas répéter les mêmes erreurs, tout en veillant bien sûr à ne pas ébranler l'institution, ni faire fuir son plus précieux actif, soit ses meilleures ressources humaines.











