Ni ange, ni démon

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Pierre-Paul Noreau
Le Soleil

(Québec) Henri-Paul Rousseau, l'ancien président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a beau être un gestionnaire brillant et un orateur convaincant, sa sortie de lundi laisse encore bien des questions en suspens. La tenue d'une commission parlementaire spéciale est donc toujours de mise et devrait idéalement aider à restaurer la confiance des Québécois dans leur prestigieux fleuron financier.

Heureusement, M. Rousseau est disposé à venir s'expliquer plus amplement devant les élus. Déjà lundi, plusieurs de ses arguments énoncés devant le parterre complice de la Chambre de commerce de Montréal ont été pertinents au débat, permettant entre autres de désamorcer certaines critiques injustifiées.

 

Tout d'abord, l'institution n'est pas au bord de la faillite comme on pourrait le croire à en entendre certains. La Caisse demeure en effet, malgré sa terrible contre-performance de 2008, une référence aux yeux très critiques des agences de notation financière qui lui accordent l'excellente cote triple A. Sa gestion globale permet toujours aux déposants de continuer à honorer leurs obligations, bien que le bilan 2008 soit venu bousculer leurs prévisions.

Par ailleurs, et il faut insister sur cet élément, les placements liés aux actifs adossés au papier commercial, les fameux PCAA, ne sont pas devenus du jour au lendemain des pertes sèches. Pour peu qu'il y ait retour d'un marché liquide pour ces titres, ces créances pourraient en bonne partie être récupérées par la Caisse et ses déposants. Il faut évidemment pour cela qu'il y ait reprise plus tôt que tard.

D'ailleurs, si l'Apocalypse annoncée devait ne pas se produire, les actionnaires de la Caisse devraient une fière chandelle à Henri-Paul Rousseau. Tout coupable qu'il soit d'en avoir trop accumulé - et il admet cette faute - , c'est néanmoins lui qui s'est démené pour empêcher une funeste vente de feu des PCAA canadiens, à titre de principal artisan de l'Entente de Montréal.

Pour ce qui est cependant de ses explications d'hier sur la saine gestion du risque à la Caisse, elles n'ont convaincu personne. La course au rendement ne donne pas l'impression d'avoir été vraiment contrôlée. De même, la preuve de la surpondération de la Caisse en actifs québécois est toujours à faire. Et, malgré les affirmations d'indépendance, il reste des zones d'ombre dans les relations entre Caisse et gouvernement.

Pour ce qui est enfin de la comparaison des performances de M. Rousseau et de ses prédécesseurs, il n'y a rien d'utile à tirer de cette dispute de chiffonniers.

Ce qui compte maintenant, c'est de s'assurer à travers le travail sérieux d'une commission parlementaire de ne pas répéter les mêmes erreurs, tout en veillant bien sûr à ne pas ébranler l'institution, ni faire fuir son plus précieux actif, soit ses meilleures ressources humaines.

 

Cyberpresse vous suggère

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer