Dieu appuie-t-il le Vatican?

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Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Le pape Benoît XVI est-il trop indulgent envers lui-même et le Vatican? Oui.

Un mois et demi après avoir tendu la main à des évêques intégristes, le chef de l'Église catholique reconnaît avoir commis des «erreurs» dans cette affaire.

Il aurait dû parler de «fautes».

Ce mot est beaucoup plus approprié pour qualifier la levée de l'excommunication frappant quatre évêques fondamentalistes, dont le sulfureux Richard Williamson.

Trois jours avant d'obtenir le pardon papal, le 24 janvier, ce prélat avait nié l'existence des chambres à gaz durant la Seconde Guerre mondiale.

Dans une lettre transmise cette semaine à tous les évêques de son Église, le pape explique qu'il ignorait tout des propos négationnistes de Mgr Williamson ? propos qu'il réprouve profondément. Admettons jusque-là qu'il s'agisse d'une erreur.

Mais le Vatican est-il à ce point replié sur lui-même que personne ne puisse y consulter Internet, où cette information était disponible?

Au-delà du cas Williamson ? qu'il regrette ?, le pape défend cependant sa volonté de faire un pas vers ces intégristes catholiques. Il parle d'un geste de «miséricorde».

Le problème est qu'en tendant la main à ces hommes fermés et butés, il participe à la radicalisation de l'Église de Rome. Elle est là, la faute. Alors que des centaines de millions de catholiques réclament davantage d'ouverture, ces fondamentalistes rejettent même les ouvertures de Vatican II.

La hiérarchie catholique se radicalise. Elle s'enfonce même scandaleusement lorsque, à peu près au même moment, elle excommunie la mère d'une jeune brésilienne de neuf ans ayant dû se faire avorter après avoir été violée par son beau-père. Elle l'a excommuniée, ainsi que les médecins ayant «coopéré» à l'avortement.

Et la «miséricorde» dans cette triste histoire? Et la compassion? Il fallait aider cette mère et sa fille blessée. Pas les rendre coupables.

Lorsqu'on met ces deux histoires en parallèle, on ne peut faire autrement que de penser que ces fautes sont attribuables à une grave perte de repères, à la place grandissante de l'aile dure dans la curie romaine.

Le plus navrant est qu'elles sont en flagrante contradiction avec l'esprit évangélique.

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