Ces mêmes politiciens devraient cependant avoir la franchise de ne plus tourner autour du pot et admettre franchement que le blocus a été et demeure un échec lamentable.
En plus d'avoir nui à deux générations d'hommes, de femmes et d'enfants cubains, il a été totalement contre-productif. Il a produit l'effet inverse de celui recherché en 1962, lorsqu'il a été imposé.
Il a directement contribué à maintenir le régime castriste au pouvoir.
Il aura fallu que des membres du Congrès pratiquent pendant des années l'aveuglement volontaire pour ne pas au moins s'apercevoir de son «inefficacité» avant aujourd'hui. Ou qu'ils se satisfassent de bêtes rhétoriques idéologiques. Dans un cas comme dans l'autre, c'est honteux.
Répétons-le : la pitoyable politique anticastriste n'explique pas tout. Le charismatique et populiste Fidel Castro est le principal responsable du naufrage de son île. Il a privé les Cubains de libertés politiques et économiques élémentaires.
N'empêche que l'embargo américain lui a servi d'alibi. Castro l'a rendu coupable de tous les malheurs de la patrie. Il y est parvenu en développant un nationalisme forcené. C'est aussi ce qui lui a permis de confisquer le pouvoir pendant autant de temps.
Officiellement remplacé par son frère Raul depuis février 2008, Fidel a chassé le terrible Batista de La Havane il y a 50 ans. C'était en janvier 1959. Maurice Duplessis était encore premier ministre du Québec à cette époque.
Le président Barack Obama a franchi un pas significatif en levant les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains. Le temps finira par convaincre une partie de l'opinion publique américaine de la nécessité d'éliminer totalement l'embargo.
À ce moment-là, soit dit en passant, ce sera la fin des voyages à bas prix à Cuba pour les Canadiens.
Mais ce sera, plus important encore, le retour à une relation americano-cubaine plus conforme à la géopolitique contemporaine.
Ce sera la fin d'une politique d'un autre âge.
Avant d'aller plus loin, Barack Obama et Raul Castro devront se rencontrer. Ils finiront probablement par le faire en terrain «neutre», soit au Mexique, soit au Canada.
Cette fois, la diplomatie canadienne ne devra pas rester sur la touche. Elle devra proposer ses bons offices. Elle devrait le faire dès maintenant.











