Cette fois, Ottawa ne pourra pas rejeter du revers de la main l'idée de miser sur un système ferroviaire efficace. D'une façon ou d'une autre, il devra donner suite à la nouvelle étude qu'il a commandée avec les gouvernements québécois et ontarien.
Il serait trop coûteux pour l'économie canadienne de ne pas se greffer au vaste réseau de trains à haute vitesse que la Maison-Blanche vient de proposer. Ce serait une aberration que même les plus frileux des conservateurs de Stephen Harper percevraient.
La proposition d'Obama constitue une excellente nouvelle pour tous ceux qui vivent de ce côté-ci de la frontière. Y compris pour les résidants de la capitale québécoise - bien qu'ils habitent tout au bout du corridor Québec-Windsor.
Expliquons-nous : l'étude lancée par nos gouvernements démontrera que la rentabilité du tronçon Québec-Montréal sera moindre que celle du couloir allant de la métropole québécoise à Toronto.
Cet élément ne pourrait toutefois être rédhibitoire que si nous estimions qu'il fallait absolument un TGV circulant à 250 ou 300 km/h entre Québec et Montréal. Or, ce n'est pas le cas.
L'amélioration du réseau nord-américain passe par l'établissement de lignes de 250 à 300 km/h dans certains corridors et de lignes permettant d'atteindre 175 à 250 km/h dans d'autres.
On peut bien, à Québec, par stratégie, viser le meilleur en se disant qu'on obtiendra ainsi au moins quelque chose.
Mais prenons le temps de nous rappeler qu'un train filant à 200 km/h dans le tronçon Québec-Montréal serait déjà une révolution. Même avec un arrêt à Trois-Rivières, il mettrait la capitale à moins de deux heures de la métropole.
Le plan Obama ne propose d'ailleurs pas du 300 km/h partout. Il suggère des trains à «grande vitesse» à certains endroits et des «trains rapides» à d'autres.
Il n'y a pas de fixation à entretenir sur un vrai TGV dans le corridor Québec-Montréal. Pas au prix de faire du surplace pendant encore 30 ans.
Il y a, par contre, de l'énergie à déployer pour s'assurer de l'établissement d'un lien rapide entre la capitale et la métropole.
Faisons en sorte que ce dossier devienne l'un des enjeux de la prochaine campagne électorale fédérale, qui viendra plus tôt que tard.
Car pour aller plus vite plus loin, il faut un gouvernement qui avance parce qu'il y croit. Pas seulement parce qu'il y est contraint.










