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Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) La création d'un comité conjoint ne garantit pas la fin des problèmes de l'industrie forestière. Loin de là. Elle indique cependant qu'Ottawa semble enfin prêt à considérer avec moins d'indifférence ce secteur qui emploie plus de Canadiens que ceux de l'automobile et des banques. C'est un début. Le gouvernement Harper doit maintenant rattraper tout le temps perdu.

Il faut s'accrocher à la lueur d'espoir qui pointe à Ottawa même si elle peut paraître bien mince. L'industrie forestière et le gouvernement québécois n'ont pas le choix de participer activement au nouveau forum mis en place s'ils veulent enfin convaincre les conservateurs d'accroître leur aide financière. Des milliers d'emplois sont en jeu. L'économie de certaines régions aussi.

Québec a fait sa part pour secourir l'industrie confrontée à une situation de crise depuis 2005. La semaine dernière, le gouvernement Charest posait un geste de plus en garantissant un prêt de 100 millions $ à AbitibiBowater pour sauver 7500 emplois. Ottawa doit maintenant prendre le relais partout au pays et cesser d'appréhender la réaction du voisin américain pour justifier son inaction.

Lorsque des usines ferment, que des chômeurs épuisent leurs prestations et que des localités craignent pour leur survie, la première préoccupation des conservateurs ne devrait pas être de ne pas brusquer les Américains et de ne pas s'exposer à l'arbitrage d'un litige avec le voisin. Il faut aller au plus urgent et veiller aux intérêts des hommes et des femmes d'ici qui dépendent de la forêt pour vivre. Il sera toujours temps de s'ajuster si l'aide ponctuelle accordée contrevient à l'entente sur le bois d'oeuvre.

Cela ne veut pas dire qu'Ottawa peut distribuer les fonds publics sans compter. Mais bien que le gouvernement mette de côté ses calculs politiques et épaule les entreprises forestières capables de passer à travers la crise avec un coup de main.

À l'instar de l'industrie automobile, celle de la forêt peut aussi être qualifiée de dinosaure. Elle a également mal suivi l'évolution des marchés. Et pourtant, les conservateurs sont venus à la rescousse de la première en avançant près de 3 milliards $. Ils ne cèdent pas le marché de l'automobile aux cons­tructeurs asiatiques.

Un soutien plus substantiel que celui consenti jusqu'à maintenant doit être accordé à l'industrie forestière. Les besoins sont connus depuis longtemps. Ottawa doit à son tour déployer un plan pour améliorer l'accès au crédit, faciliter la modernisation des entreprises et soutenir la mise en marché de nouveaux produits.

 

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