Au jeu des comparaisons, le gouvernement Charest s'en tire toujours mieux que le gouvernement Harper. Hier, le commissaire à l'environnement, Scott Vaughan, a établi que les plans sur les changements climatiques du gouvernement conservateur ne respectent même pas les exigences de la loi. C'est un comble lorsqu'on sait, en plus, que ces plans sont sans réelle ambition.
Quelques heures plus tard, la ministre québécoise de l'Environnement, Line Beauchamp, présentait un projet de loi permettant au Québec de participer à un vaste marché nord-américain du carbone. Bravo!
Ce marché se constitue sous le chapeau du Western Climate Initiative (WCI), qui regroupe pour l'instant quatre provinces canadiennes et sept États américains.
Mais attention. Le jeu des comparaisons ne dit pas tout. Le Québec s'en est tenu au plus facile jusqu'ici - il faut le dire. Comme il faut rappeler que la nature l'a aidé à prendre une longueur d'avance.
Le gouvernement Charest peut d'autant plus facilement jeter les bases d'un système de plafonnement et d'échange que la première phase du programme, de 2012 à 2015, concernera l'électricité et les grands émetteurs industriels.
C'est beaucoup grâce à son hydroélectricité que le Québec peut déjà afficher un bilan plus brillant que celui de ses voisins.
Que les grands émetteurs industriels fassent partie de la première phase l'avantage également. Plusieurs d'entre eux ont déjà réduit leurs émissions de GES. Or, leurs efforts passés seront reconnus dans le système naissant.
Là où existe un gros problème, c'est en transport. Ce secteur est celui produisant le plus de gaz à effet de serre au Québec. Il compte pour environ 40 % du total.
Le programme du WCI renvoie à au-delà de 2015 la création d'un système de plafonnement et d'échange pour le transport.
À court terme, c'est une chance pour le Québec - comme pour les autres. N'empêche qu'il faudra tôt ou tard des initiatives fortes pour réduire les émissions dues aux véhicules.
Pour briller vraiment, le Québec devra prendre des décisions plus difficiles et coûteuses que celles prises jusqu'ici.
Ce sera encore plus vrai lorsque Barack Obama décidera que Washington prend la relève du Western Climate Initiative et qu'il entraînera Ottawa dans son sillage.











