Inquiétant endettement

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Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) Bien des Canadiens s'insurgent de voir le déficit du gouvernement fédéral dépasser les 50 milliards $. Lorsque l'on regarde la façon dont plusieurs gèrent leur budget personnel, ils n'ont pourtant aucune leçon à donner. Les Canadiens utilisent de plus en plus le crédit pour leurs dépenses courantes et n'épargnent pas. Il y a pourtant des limites à ce que les consommateurs agissent comme moteur de l'économie.

L'Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA) est inquiète. Elle évalue que la dette des ménages a atteint un sommet historique de 1 300 milliards $ en 2008, soit près du double de ce qu'elle était il y a huit ans.

Qui plus est, l'association constate que les personnes endettées ne sont pas préoccupées par leur situation et ignorent le coût du crédit. Dans un contexte de crise financière et économique, elles devraient pourtant être plus réalistes et songer sérieusement à modifier leur comportement pour ne plus succomber aux «acheter maintenant, payer plus tard».

Les comptables ne sont pas seuls à sonner l'alarme. Récemment, Claude Béland, un ancien président du Mouvement Desjardins, faisait un plaidoyer contre le crédit et la spéculation, et déplorait les taux anémiques d'épargne en Amérique du Nord. Espérons que cette fois, crise économique aidant, le message sera entendu et suivi.

Les dépenses des ménages sont, bien sûr, un élément majeur de la vivacité de l'économie d'un pays. Les individus ont toutefois intérêt à réfléchir aux dangers de la consommation à crédit et de la surconsommation. Selon le sondage des CGA, même s'ils peuvent compter sur une carte et une marge de crédit, 25 % des Canadiens seraient incapables de supporter une dépense imprévue de 5000 $. Pour 10 % de la population, même une dépense de 500 $ ne cadre pas dans leur budget.

Qu'arrive-t-il lorsqu'il y a perte d'emploi, que le ménage s'effrite, que les dépenses inattendues s'accumulent, que la valeur de la maison baisse et que les rendements sur les placements chutent? La bulle du crédit éclate et fait basculer le niveau de vie. Le ménage se retrouve sans aucune marge de manoeuvre, avec toutes les tensions personnelles et familiales que cela entraîne.

Les institutions financières et les marchands surestimeront toujours la capacité d'emprunter des gens. L'économie doit rouler. Il appartient donc en premier lieu aux individus de s'autodiscipliner. Ils réussiront plus facilement si les gouvernements et les associations de consommateurs les informent par de bonnes campagnes de sensibilisation sur les coûts et les dangers de l'utilisation du crédit.

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