Bougie d'allumage

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Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) La candidature de Gérard Deltell allumerait la course à la direction de l'ADQ. Sans le député de Chauveau, elle risque de rester terne. Très terne.

Bien sûr, une course à la direction ne doit pas et ne peut pas être uniquement une affaire de forme. Ce n'est pas seulement un certain dynamisme qu'il faut rechercher chez un candidat. Il faut mesurer ses capacités de leadership et sa connaissance des dossiers. Jauger ses valeurs, aussi.

À regarder les choses par ce grand angle, il est évident que le député de Chauveau et ex-reporter de TQS n'est pas moins outillé que les candidats déjà en lice pour succéder à Mario Dumont.

Le fait, cependant, que Gérard Deltell ait la faculté de s'adresser à une foule constitue un atout. Pour lui, mais aussi pour cette course.

C'est ce dernier volet qui nous intéresse pour l'instant.

C'est le genre de force qui devrait inciter chaque adéquiste à souhaiter qu'il plonge dans l'aventure - car c'en est une vraie à l'heure actuelle.

Dans l'état actuel des choses, le risque est grand, en effet, que cette compétition demeure quasi confidentielle; qu'elle intéresse peu à l'extérieur de la colline parlementaire et des habituels aficionados.

Gérard Deltell peut représenter une bougie d'allumage. Peut-être la dernière.

Car il ne faut plus penser que des candidatures prestigieuses ou extraordinairement solides se manifesteront pour succéder à Mario Dumont. Plus maintenant, alors que les militants ont choisi de devancer au 18 octobre l'élection de leur prochain chef.

Si la candidature de Gérard Deltell est souhaitable dans les circonstances, il n'en demeure pas moins qu'elle reflète en même temps le non-ancrage de ce parti à l'extérieur de la région de Québec.

Gilles Taillon a beau vivre dans l'Outaouais, son ancrage politique est également dans la capitale. Comme il l'est pour Éric Caire, député de La Peltrie, et pour Christian Lévesque, un ancien élu de Lévis.

Le plus grand défi de l'ADQ est encore et toujours d'exister hors de son bastion. Voilà pourquoi, même s'ils sont liés à Québec, ces candidats devraient nous expliquer les raisons pour lesquelles leur parti, selon eux, ne s'enracine pas à Montréal et ailleurs.

S'ils se penchaient sur ce sujet, ils verraient que certains aspects de leur programme les ont desservis - tout comme les réactions souvent trop courtes et simplistes de l'ADQ dans certains dossiers.

Éluderont-ils cette question phare des débats à venir? Si oui - et même si une candidature comme celle de Gérard Deltell contribue à animer la course -, le prochain chef adéquiste ne présidera qu'un tiers parti.

 

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