Les partenariats public-privé ont partout dans le monde leur lot d'opposants et de partisans indéfectibles. Pour certains, rien n'est bon dans les PPP, alors que d'autres n'y voient que des avantages, qu'importent l'envergure et le type de travaux à réaliser. Un discours plus équilibré circule présentement au Québec, et le gouvernement aurait intérêt à l'écouter.
L'Ordre des architectes, l'Ordre des ingénieurs, la Corporation des entrepreneurs généraux et l'Association des économistes du Québec estiment que les PPP ne sont pas appropriés pour la construction des grands hôpitaux universitaires de Montréal et de Québec, ainsi que pour l'échangeur Turcot, à Montréal. Ils craignent de plus que le contexte économique favorise les entreprises étrangères.
Selon eux, ces projets impliquent trop d'imprévus et réclament trop d'adaptation au fil des ans pour les figer dans un PPP. Ils appréhendent que le gouvernement n'ait à supporter des frais supplémentaires pour rendre les installations compatibles avec les nouveaux besoins et les technologies qui s'introduisent forcément sur une période de 25 à 30 ans dans le milieu médical.
Québec ne peut balayer ces arguments. D'autant plus que l'état des finances publiques lui impose la plus grande rigueur. Il devra composer à nouveau avec des budgets déficitaires. Il doit donc veiller à ne pas l'alourdir en prenant à sa charge les risques financiers que supportent habituellement les partenaires privés. Il doit également éviter de réserver de mauvaises surprises aux générations futures en leur léguant des hôpitaux inadaptés à leurs besoins et une caisse vide pour se doter d'équipements et d'infrastructures modernes.
La présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, affirme que les PPP ne sont pas une religion ni une panacée. «C'est du cas par cas, et ça doit être fait de façon intelligente mais toujours en fonction de l'argent des contribuables qui est dépensé», soutient-elle.
Justement. Parce que plusieurs voix s'élèvent pour dire que l'État et les Québécois n'en auront pas pour leur argent ni à court ni à long terme, le gouvernement doit vite revoir ses plans et reprendre le contrôle de ses grands projets.











