Voilà ce qui était évident pour tout le monde, hier, une fois dévoilés les détails de l'entente conclue entre les deux hommes.
Mais ce qu'il faut surtout dire ce matin, c'est que l'attitude de Michael Ignatieff a été beaucoup plus responsable que celles du NPD et du Bloc québécois.
Les conditions posées par le chef libéral en échange de son appui au gouvernement conservateur ont en effet au moins résulté en un gain, si minime et incertain soit-il!
Évidemment, pour les jusqu'au-boutistes, la volonté des néo-démocrates et des bloquistes de défaire le gouvernement élu en octobre était préférable à l'attitude des libéraux. Mais croient-ils que la politique du refus aurait produit davantage?
Chose sûre, si les libéraux avaient opté pour la même stratégie de la terre brûlée, les Canadiens auraient été convoqués aux urnes le 27 juillet.
Or, une campagne électorale n'aurait en rien contribué à la relance économique. Elle se serait conclue par un pitoyable taux de participation électoral.
Si au moins la perspective d'élections estivales avait permis de croire que de meilleures politiques et de meilleurs projets auraient été adoptés à court terme... Mais non!
Le sort des chômeurs ne se serait pas amélioré cet été.
Un autre gouvernement minoritaire élu en juillet - peut-être même conservateur - n'aurait rien arrangé. Le gain aurait été nul.
Le Bloc et le NPD pratiquaient la politique du tout ou rien. Ils misaient sur le fait que les libéraux finiraient par voter avec les conservateurs pour éviter un scrutin, mais ils étaient prêts à foncer tête baissée et yeux fermés!
C'est ainsi que la politique se pratique encore et toujours, peu importe la désaffection grandissante des citoyens.
L'attitude de Michael Ignatieff a été plus «constructive», un mot qu'il ne faut pas hésiter à employer - même s'il a quelque chose de suranné pour tous ceux qui croient que la politique n'est qu'un ring de boxe.
Les miettes ne sont jamais suffisantes. Ce à quoi on vient néanmoins d'assister, c'est à un épisode comme il devrait y en avoir davantage; un épisode politique avec un P un peu plus grand que celui que mouline habituellement la machine politico-médiatique, lorsque le surplace, la paralysie et les coups de gueule sont présentés comme plus productifs que les avancées, si minimes et incertaines soient-elles.












