C'est ce qu'on a envie de dire en prenant connaissance des nouveaux projets dans l'air pour la revitalisation du secteur D'Estimauville.
L'écoquartier que fait miroiter l'architecte Pierre Thibault a de quoi faire rêver et réjouir ceux qui aiment Québec et son fleuve.
Malheureusement, il y eut une époque où l'asphalte et le béton faisaient foi de développement, ici comme ailleurs. L'affreuse balafre que constitue l'autoroute Dufferin en est une manifestation désolante.
En bordure d'un plan d'eau qui ferait saliver n'importe quel développeur, cette voie routière est venue créer une déplorable barrière artificielle aux rives du Saint-Laurent. Il n'est pas question de la faire disparaître. L'auto pèse encore trop lourd sur nos cités et villes, mais l'architecte Thibault suggère au moins de la déplacer suffisamment pour ouvrir une fenêtre bienvenue sur le fleuve.
Bien sûr, tout cela risque de coûter fort cher, mais les expériences de revitalisation menées depuis quelques années à Québec montrent hors de tout doute que le jeu en vaut la chandelle. Les berges de la rivière Saint-Charles, sans son corset de
béton, en sont un témoignage frappant.
Et si cet exemple ne suffit pas, rappelons-nous le boulevard René-Lévesque au pied de la colline parlementaire, bétonné lui aussi à une époque encore récente. Et la disparition des inutiles bretelles de cette même autoroute Dufferin qui venaient buter dans la falaise, comme un rappel des erreurs du passé. Ou encore la très achalandée promenade Samuel-De Champlain que les Québécois n'en finissent plus d'arpenter et d'encenser.
S'il est encore permis de rêver sla ville, souhaitons que ce projet survive aux prochaines élections municipales et aux coups de gueule du maire Labeaume sur la NeuroCité.
Évidemment, la NeuroCité peut vivre sans ce projet stimulant. Mais à l'est, cette bouffée d'air frais serait bienvenue et viendrait mettre un bémol à l'impression que la Ville n'en a que pour l'ouest et pour son centre-ville.











