D'abord, Mario Dumont, qui l'a représentée pendant 15 ans à l'Assemblée nationale, n'était pas dans les rangs.
En démissionnant, en décembre, il avait redégagé la voie au Parti libéral du Québec et au PQ.
À l'instar des libéraux avec l'ex-maire Jean D'Amour, les péquistes avaient recruté une vraie pointure en la personne de Paul Crête, député bloquiste de la région pendant 16 ans.
Pauline Marois avait elle-même jugé ce scrutin «important». Et pour cause. Cette circonscription est entièrement francophone.
Si le PQ aurait dû l'emporter, c'est aussi parce que les libéraux forment le gouvernement depuis six ans. Et que la session parlementaire a été pénible pour eux.
Enfin, l'entêtement du gouvernement canadien à créer une commission centralisée des valeurs mobilières aurait dû - ou aurait pu - jouer en faveur de Paul Crête dans les dernières heures du vote. Ça n'a pas été le cas.
En soi, une élection complémentaire ne représente pas un test très significatif. Mais un parti formant l'opposition officielle devrait néanmoins être en mesure de faire sortir le vote, de fédérer les voix de ses fidèles et celles des déçus.
S'il n'y parvient pas, c'est qu'il ne réussit pas à apparaître comme une solution de rechange crédible.
Ce matin, Pauline Marois sera bien obligée de constater que sa proposition de rapatrier des compétences d'Ottawa n'a pas favorisé son parti. Les crises n'ont pas la faveur de tout le monde.
Elle et ses «stratèges» devront analyser la situation sans complaisance. Car le problème va bien au-delà de la généreuse pension qu'encaissera M. Crête à titre d'ex-élu fédéral et de la sortie de Jacques Parizeau.
Le score enregistré par le PQ aux élections générales de décembre ne peut plus faire illusion. La vérité est que le résultat aux dernières générales n'a pas été si brillant.
Le PQ y a récolté seulement 16 205 voix de plus qu'au scrutin général de mars 2007. Pire encore, il en a recueilli 127 432 de moins qu'en avril 2003.
En fait, entre novembre 1998 et décembre 2008, il a perdu 600 000 votes.
Si les partielles n'ont aucune valeur en soi, elles en acquièrent lorsqu'elles s'inscrivent dans une tendance.
Mme Marois avait raison : contrairement à celle de Marguerite-Bourgeoys, où la victoire libérale était programmée d'avan-
ce - avec ou sans Clément Gignac -, la bataille de Rivière-du-Loup avait son importance pour le PQ. Son échec en est d'autant plus retentissant.
L'ADQ, elle, était hors jeu. Son problème n'est pas l'absence de chef, mais son déficit de cohérence et de crédibilité.













