Les résidants d'abord

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Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Implanter un réseau de vélos en libre-service pour les touristes, com­me l'envisage la Ville de Québec, constituerait un détournement de sens. C'est d'abord en ayant en tête l'usage que pourraient en faire les résidants qu'il faut le concevoir.

Depuis le 400e, Québec se pète les bretelles en regardant Montréal et ses problèmes. Attention tout de même, la caricature est souvent toute proche! Aujourd'hui, même les plus chauvins devraient au moins reconnaître l'immense succès de BIXI, le réseau montréalais de vélos en libre-service.

Il est tel que 2000 vélos et 100 nouvelles stations seront ajoutés sous peu. À terme, ce seront ainsi 5000 vélos et 400 stations qui garniront les quartiers du coeur de la métropole, ceux où la densité de la population est élevée.

Malgré le temps pluvieux, le succès de BIXI est fulgurant. Pourquoi? Parce qu'il a d'abord été pensé et conçu pour les Montréalais - même s'il est pratique pour les touristes.

La formule ne convient pas à tous, mais est utile à plusieurs. Elle peut l'être pour se rendre au travail et y revenir ou pour aller faire une course.

Elle permet de prendre un vélo à une station A et de le laisser à une station B, C ou D. Et d'en enfourcher un autre pour le retour.

Au passage, soulignons aux sceptiques que le sésame pour les déplacements urbains se trouve dans la diversité des moyens de locomotion offerts aux résidants.

Ajoutons encore que dans une ville où les cyclistes respectent le Code de la route, cette diversité ne peut être que bénéfique aux automobilistes. Elle est susceptible de réduire la congestion due aux véhicules motorisés.

«Utile». C'est le mot-clé pour un réseau de vélos en libre-service. Et qui dit «utile» dit d'abord, insistons là-dessus, «résidants».

Que des stations d'un éventuel réseau de vélos en libre-service implanté à Québec soient installées dans les lieux touristiques, nous en sommes. Rien ne serait plus normal pour une ville dont une partie de l'économie et de la joie de vivre repose sur l'industrie touristique.

Mais c'est d'abord en fonction de l'usage qu'en feraient les citoyens «permanents» qu'il faut le déployer si l'on veut lui assurer un avenir.

Les taxes des citoyens d'ici doivent leur revenir dans ce genre de service.

La morphologie de la capitale n'est pas un obstacle. Comme cela a été suggéré, des stations pourraient être installées au pied et en haut des escaliers séparant la haute et la basse ville.

Si Montréal peut faire vivre BIXI trois saisons par année, il n'y a pas de raison pour que Québec ne le puisse pas.

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