Relève de la garde

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Pierre-Paul Noreau
Le Soleil

(Québec) Jadis présenté comme la clef de voûte de la résurrection du secteur D'Estimauville, le projet NeuroCité est actuellement sous respirateur artificiel. En coupant les vivres à la Corporation dont la mission était de faire lever de terre ce complexe mondial sur les neurosciences, le gouvernement du Québec, la Ville de Québec et l'Université Laval ont publiquement désavoué ses administrateurs. Le lien de con­fiance est rompu. Le président du conseil d'administration de NeuroCité, Jean-Paul L'Allier, évoque d'ailleurs lui-même la dissolution de sa corporation.

Faut-il s'inquiéter de cet état de fait? Assurément. Si on considère que plus d'un million de dollars d'argent public et privé a été investi jusqu'ici et qu'on aboutit à un cul-de-sac, il n'y a pas de quoi pavoiser.

En même temps, faut-il passer NeuroCité à la trappe et miser sur autre chose? Pas si vite!

La confiance revient quand on s'attarde à l'expertise regroupée au Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard (CRULRG), pierre d'assise sur laquelle a été échafaudée l'idée d'un complexe à la fois privé, industriel et universitaire lié à la recherche sur le neurone, le cerveau et ses maladies.

Avec ses quelque 450 chercheurs, employés et étudiants qui s'activent dans des laboratoires où il faut pallier le manque d'espace en construisant année après année de nouvelles installations à la fine pointe, le CRULRG est un moteur de développement fringant.

Or, faire ce constat, c'est établir que le joueur-clé du rêve NeuroCité, c'est l'Université Laval. C'est de son expertise dont veulent profiter les pharmaceutiques prêtes à investir et qui pourraient un jour déployer des industries pour assurer la production de molécules miracles découlant de la recherche. C'est l'Université qui est aussi le canal privilégié par lequel transite l'argent des organismes subventionnaires qui permettra de poser les importants premiers jalons. Il faut donc satisfaire ses attentes, ce qui n'est manifestement pas le cas pour l'instant.

Le maire Régis Labeaume a donc raison de plaider qu'il faut s'assurer dans un premier temps que les chercheurs du CRULRG sont toujours heureux à Québec et qu'ils vont rester sourds aux chants des sirènes qui les pressent d'expatrier leur précieux savoir.

Cette précaution prise, il faut ensuite réévaluer le concept NeuroCité et finalement déterminer qui est susceptible de porter l'idée plus loin pour la faire aboutir.

L'opération reddition de comptes enclenchée depuis quelques mois avec la corporation en place indique qu'il y a lieu de procéder à une relève de la garde. Ceux qui y croient rappellent l'exemple du 400e pour soutenir qu'il n'est peut-être pas impossible de rattraper le temps perdu...

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