Les quelque 1,3 million de Québécois qui adhèrent au programme «Mode de versements égaux» d'Hydro-Québec le font pour répartir leurs dépenses (de chauffage, entre autres) sur 12 mois.
Ils le font pour éviter de mauvaises surprises en décembre, janvier, février et mars - pour éviter les chocs tarifaires de l'hiver.
Or, voilà que 10 % d'entre eux reçoivent de bien plus grands chocs encore ces jours-ci. Exactement l'inverse de ce pour quoi le programme a été créé.
En raison de problèmes liés à l'implantation d'un nouveau système informatique, Hydro-Québec les informe qu'un écart important a été noté entre leur consommation d'électricité «estimée» (celle pour laquelle ils ont payé) et leur consommation «réelle» (celle pour laquelle ils doivent payer).
Le problème est que cet écart est considérable et que l'incurie de certains à la société d'État fait qu'on ne s'en aperçoit qu'au bout d'un an! Tellement considérable, en fait, que la facture des abonnés concernés grimpera de 20 à 60 % l'an prochain.
Question : faut-il, comme le suggère le péquiste Sylvain Gaudreault, inviter Hydro-Québec à oublier les sommes qu'elle n'a pas encaissées par sa propre faute?
À cette question, il faut malheureusement répondre «non».
Les clients doivent payer pour les kilowattheures qu'ils ont consommés. Ils ne sont pas abonnés à un mode de paiement, mais au service d'électricité.
Surtout qu'il n'a pas dû échapper à certains qu'il devait y avoir une erreur, puisqu'ils payaient beaucoup moins ces derniers mois que l'année précédente...
La bourde d'Hydro-Québec n'en demeure pas moins choquante. Elle créera de vraies difficultés dans de très nombreuses familles, des familles en perpétuelle récession.
Trop de gens l'oublient, mais des centaines de milliers de Québécois n'ont pas la capacité de faire face à une dépense imprévue de 500 $.
Ceux-là avaient besoin de pouvoir compter sur un mode de versements les mettant à l'abri de mauvaises surprises. Ça n'a pas été le cas.
Voilà pourquoi Hydro-Québec, si elle a la responsabilité de recouvrer les sommes dues, a le devoir de proposer des solutions adaptées à chaque cas.
Les responsables de cette situation devraient par ailleurs être privés de la traditionnelle prime au rendement à laquelle sont abonnés les employés de la société d'État. Qu'est-ce qu'une prime, en effet, sinon une récompense?










