Deux jours à peine après l'immobilisation des trains, le syndicat et la direction du transporteur ferroviaire ont accepté de faire appel à un arbitre. Il imposera une convention collective aux deux parties.
C'est dire l'impasse!
Mais ne restons pas à la surface des choses. Dépassons les apparences, dont plusieurs sont défavorables à ceux qui ont déclenché la grève.
Disons d'abord, de façon générale, que, si la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada ne savait pas dans quoi elle s'engageait vendredi, c'est que personne ne sait jamais où mènera un conflit - qu'il soit de travail ou autre.
Mais ce qu'il faut comprendre plus spécifiquement est ceci : Personne ne peut soutenir, cela dit, que ce syndicat a plongé à la légère, à la faveur d'un caprice soudain. Ce serait faux.
Le contrat de travail entre la direction de VIA Rail et ses 350 mécaniciens de locomotive et chefs de triage est en effet échu depuis deux ans et demi. C'est beaucoup.
Tout le monde devrait par ailleurs attendre de connaître le contenu de la prochaine convention collective avant de laisser entendre que le recours à l'arbitrage exécutoire prouve que les syndiqués avaient mal calculé leurs billes.
Il n'est pas dit qu'ils perdront toute la partie. Les arbitres ont tendance à couper la poire en deux.
Pour l'heure, dans ce bref conflit, le plus significatif est cependant ailleurs. Il concerne le vaste et instructif coup de sonde sociologique auquel il a donné lieu.
Qu'ont dit les voyageurs interrogés par les journalistes? Ils ont révélé ce qu'est le train dans ce pays : un agrément, une détente. Presque un moment de romantisme.
Pour bien des voyageurs restés à quai, il faisait partie intégrante du voyage planifié. «Le train est agréable.» Il est «confortable».
C'est aussi ce que disent ceux qui le prennent à d'autres moments de l'année pour le travail.
C'est très bien.
C'est très bien, mais on aimerait aussi les entendre dire que le train est «pratique» et «fiable»; qu'il leur offre de la flexibilité dans leurs horaires, qu'il leur permet d'arriver à l'heure à leurs rendez-vous.
On aimerait que le train devienne un moyen de transport normal. On aimerait que les responsables politiques du Québec, de l'Ontario et du Canada, qui ont commandé une nouvelle étude sur un train à haute vitesse, se disent que le romantisme ne suffit pas en matière ferroviaire; que l'efficacité peut aussi avoir du charme.










