Qu'on le veuille ou non, l'Organisation des Nations unies (ONU) s'en trouve chaque fois davantage marginalisée. Les tenants d'un multilatéralisme classique - dont nous sommes - ont beau s'en désoler, cette situation s'explique : les Nations unies sont
incapables de répondre aux nécessités du temps.
L'ONU ne constitue un forum adéquat pour aucune des grandes questions internationales, que ce soit la crise économique, la faim, l'indigence, le désarmement, les bouleversements climatiques, et nous en passons.
C'est inouï, c'est anormal, mais c'est ainsi. Le trop discret secrétaire général, Ban Ki-moon, ne peut rien y faire. Sa réserve naturelle le dessert; sa retenue aussi.
L'ONU coule. Au moins, constatons-le! Si ce constat n'est jamais établi, personne ne cherchera à restaurer le crédit perdu de cette institution, une institution dont il faut exiger plus. Beaucoup plus.
C'est parce que l'ONU tourne sur elle-même - et parce que la nature a horreur du vide - que nous avons assisté ces derniers mois à la naissance de ce nouveau directoire mondial qu'est le G20, dont les pays membres reflètent tout de même mieux le monde actuel que le vieux club du G8.
D'où également ces dialogues élargis menés par la Maison-Blanche. D'un grand sommet bilatéral à l'autre, sous la gouverne de Barack Obama, ils refaçonnent le multilatéralisme.
Nous l'avons vu au début du mois, à Moscou, lors de la rencontre entre le président américain et son homologue russe, Dmitri Medvedev. Si le sujet phare de leurs discussions a concerné le désarmement, celles-ci ont porté sur bien d'autres choses, dont l'Iran.
Nous l'avons encore vu ces deux derniers jours à Washington, lors de la grande rencontre entre Chinois et Américains. Elle a donné naissance à un embryon de G2.
S'il était interrogé sur ces questions, Barack Obama dirait probablement que ce sont les relations bilatérales qu'il cherche à réinventer.
Chose certaine, si l'on prend l'angle des intérêts américains, le président fait ce qu'il doit faire en donnant vie à tous ces directoires. C'est l'ONU qui ne fait pas ce qu'elle devrait faire.
Elle coule. Elle sombre dans l'indifférence générale.
Sans une réforme qui la réanimerait, bien des petits pays seront condamnés à regarder les grands décider pour eux; à regarder, par exemple, les relations entre les États-Unis et la Chine façonner le XXIe siècle, pour reprendre les mots d'Obama.










