Outre-frontière, le succès est fulgurant. L'enveloppe d'un milliard de dollars ouverte par Washington a été vidée en une semaine. Quelque 200 000 véhicules neufs ont été vendus durant les derniers jours de juillet grâce à ce programme.
Le Congrès vient de voter une rallonge de 2 milliards $. Bonheur chez les constructeurs automobiles; joie chez bien des consommateurs. Ils peuvent toucher jusqu'à 4500 $.
Même succès en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, où la prime à la casse est de plus de 2000 euros. Même succès en France, où elle est de 1000 euros et concerne - comme dans la plupart des pays européens - les véhicules de 10 ans et plus.
Est-il temps d'adopter un tel programme de mise à la ferraille au Canada? Pour certains, la question paraîtra mal posée. Ceux-là souligneront qu'un dispositif du genre existe déjà au pays. Faux.
La prime de 300 $ offerte par Ottawa est si faible qu'elle n'est un incitatif à rien. Elle ne concerne d'ailleurs que les bagnoles âgées d'au moins 14 ans. Pas étonnant que ce programme, appelé Adieu bazou, soit peu connu.
Cette précision apportée, faut-il pour autant adopter un programme aussi généreux que celui qui existe aux États-Unis ou même en Allemagne? Non.
Non, parce que l'industrie automobile canadienne est l'une de celles qui bénéficient déjà le plus d'aides publiques. Elle doit apprendre à se débrouiller avec ce qu'elle a.
Non, parce que ces programmes de mise au rancart deviennent vite incontrôlables. En France, où la prime n'est que de 1000 euros, l'opération coûtera 400 millions $ d'ici la fin de l'année. Deux fois plus que prévu.
Non, aussi, parce que les ventes de véhicules neufs s'améliorent au Canada. Non, enfin, parce que des provinces comme le Québec et l'Ontario ont déjà annoncé des crédits d'impôts et des rabais applicables à l'achat de véhicules écoénergétiques.
Non, donc, à un programme à la Obama, mais oui à des ajustements à Adieu bazou, par contre. Tout véhicule de 10 ans et plus devrait en effet y être admissible. Et le montant de la prime devrait passer de 300 $ à 500 $.
Au-delà, il faudrait mettre les constructeurs à contribution. Pour chaque dollar supplémentaire investi par Ottawa dans ce qui deviendrait une vraie prime à la casse, l'industrie automobile d'ici devrait impérativement ajouter un autre dollar. Les contribuables ne peuvent pas toujours être les dindons de la farce.










