Des médecins responsables

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Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) Le Collège des médecins du Québec décidera à l'automne s'il fait un pas vers le recours à l'euthanasie. Les médecins manifesteront-ils plus de courage que les politiciens qui tardent toujours à prendre position sur cette délicate question qui interpelle pourtant de plus en plus la population? C'est à souhaiter.

Plus de trois Québécois sur quatre sont d'accord pour que l'euthanasie soit légalisée au Canada, révèle un sondage Angus Reid-La Presse publié en début de semaine. Ils estiment que l'euthanasie devrait être décriminalisée pour permettre à un médecin d'aider un malade à mettre fin à ses jours si celui-ci est en phase terminale ou s'il éprouve d'intenses douleurs.

L'appui à l'euthanasie n'est cependant pas sans limites. Les trois quarts des gens favorables à l'euthanasie s'opposent à ce qu'une personne puisse vouloir mourir en même temps qu'un conjoint. Cinquante pour cent des sondés considèrent également que des parents ne doivent pas pouvoir consentir à la mort précipitée d'un enfant souffrant d'une grave maladie.

Le Collège des médecins a décidé de se positionner. Il y a trois ans, il a invité son Groupe de travail en éthique clinique à réfléchir sur la question. Selon ce groupe, l'euthanasie devrait dans l'avenir faire partie des soins appropriés en fin de vie, dans certains cas particuliers. Le conseil d'administration du Collège déterminera à l'automne s'il prend cette direction.

Il faut féliciter le Collège pour son initiative et son courage. Contrairement aux politiciens qui conservent la tête dans le sable même si l'épineux sujet revient périodiquement dans l'actualité, le Collège accepte d'en débattre bien que l'unanimité n'existe sûrement pas non plus dans ses rangs. Il fait l'exercice d'en débattre et de voir ce que l'euthanasie implique pour ses membres et pour les malades. Confrontés de plus en plus aux demandes de leurs patients, les médecins font leur bout de chemin.

Cependant, même s'ils ont un rôle clé à jouer, il n'appartient pas qu'à eux de décider si le Canada doit permettre l'euthanasie. Les élus fédéraux repoussent toujours cet important débat de société aux implications médicales, légales, éthiques et religieuses. Et ce, même si des cas se retrouvent devant les tribunaux et imposent depuis 16 ans une réflexion collective.

Doit-on modifier le Code criminel pour permettre l'euthanasie? Dans quelles conditions et dans quels types de cas pourrait-on devancer le décès d'un individu? La députée bloquiste Francine Lalonde tente depuis 2005 de faire adopter un projet de loi. En vain. Les parlementaires agissent comme si jamais aucun malade ne demandait : «Docteur, aidez-moi à mourir.»

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