Respirons par le nez

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Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) L'improvisation n'a pas sa place en matière de santé. Pas plus que l'exagération. Fermer les écoles et les garderies, nommer un «chef de la grippe» pour régner du Pacifique à l'Atlantique, retirer les femmes enceintes de leur lieu de travail. Holà! Prenons une bonne respiration, lavons fréquemment nos mains et, surtout, ne cédons pas à la panique.

Heureusement, les responsables canadiens et québécois de la santé publique n'ont pas acquiescé à ces demandes alarmistes. Les écoliers doivent préparer leur sac. Ils n'échapperont pas au retour en classe. Personne ne doit non plus aspirer à la direction de l'armée canadienne qui luttera contre la grippe A (H1N1) d'un océan à l'autre. Ottawa n'a pas retenu cette suggestion de l'Association médicale canadienne. Quant aux femmes enceintes travaillant dans les écoles, Québec attendra sagement un avis de l'Institut national de santé publique avant de les retourner à la maison avec un retrait préventif de la CSST.

Est-ce dire que nos gouvernements sont insensibles et prennent à la légère la menace que constitue le virus H1N1? Nullement. Ils évitent plutôt de tomber dans l'excès de prudence et de prévention qui peut parfois avoir des effets secondaires néfastes.

Bien sûr, il y a une part d'inconnu dans l'évolution du H1N1. Même si le nombre de victimes de cette grippe a jusqu'à maintenant été limité (594 hospitalisations et 24 décès au Québec), personne ne peut dire avec certitude comment elle frappera à l'automne et à l'hiver. Il ne faut pas pour autant cesser toutes activités et s'isoler.

Les autorités nous assurent qu'elles ont élaboré des plans d'intervention si le virus s'attaquait à plusieurs personnes et venait déstabiliser le fonctionnement des écoles et des établissements de santé. Elles devraient aussi se préoccuper de ce que font les entreprises privées. Les autorités rappellent également les règles d'hygiène de base pour limiter la propagation du virus et la démarche à suivre si les symptômes de la grippe se manifestent. Elles se disent aussi prêtes à de grandes campagnes de vaccination. Cela suffit dans l'état actuel de la situation.

Ce qu'il faut souhaiter, pour notre bien-être à tous, c'est que nos ministres de la Santé et nos directeurs de la santé publique donnent l'heure juste, fondent leurs décisions sur des données scientifiques et savent les expliquer à la population.

Au Québec, la confiance du public à l'égard du ministère de la Santé est fragile à cause des déboires du ministre Yves Bolduc. Il n'a pas droit à l'erreur avec le dossier de la grippe A. Espérons que le premier ministre Charest a lui aussi pris des mesures préventives pour éviter un autre dérapage.

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