Ce diagnostic d'Éric Caire est très juste. Il tient compte de l'apathie ambiante et des exigences médiatiques qui font qu'un joueur négligé doit être dérangeant, audacieux et ne pas hésiter à se positionner à contre-courant de présumés dogmes pour espérer être entendu. Quitte même à être dénoncé.
À cet égard, même si on est bien loin d'un congrès de la commission jeunesse et d'un premier débat entre aspirants à cataloguer parmi les moments d'anthologie de la vie politique québécoise, il faut reconnaître que les derniers jours ont démontré que militants et candidats à la direction étaient toujours désireux d'ébranler les colonnes du temple.
Apparition d'un lien entre les droits de scolarité et le coût des formations à l'université, élimination des cégeps, disparition des prix planchers de l'essence et de la bière, hausse de la TVQ et des tarifs d'électricité... On ne faisait pas dans la dentelle à Lévis. Compte tenu du ronron politique actuel, c'est bienvenu.
D'ailleurs, de la longue liste des sujets mis sur le tapis des débats à tenir, il y a certains éléments qui mériteraient d'être sérieusement scrutés puisque d'autres voix martèlent aussi que les générations à venir vont écoper pour les services de luxe que s'offrent actuellement les Québécois.
Bien sûr, il y aura toujours une bonne part de pensée magique et de mesures populistes dans les propositions d'un parti d'opposition. Surtout quand ses perspectives de prendre le pouvoir sont lointaines et très minces. Et après? Un bouillonnant courant de centre-droit ne pourrait que servir les contribuables en forçant les autres formations à argumenter, à justifier leurs choix et à se réajuster le cas échéant! L'ADQ doit devenir le carburant de ce courant.
Par ailleurs, si, sur le fond, la fin de semaine adéquiste a été juste ce qu'il faut d'iconoclaste pour attirer l'attention, tout en ciblant des défis bien réels, elle a aussi été un peu décevante quant à la participation militante.
Une centaine de partisans pour le premier débat des aspirants et une quarantaine pour la rencontre de l'aile jeunesse, c'est modeste. Très modeste pour des activités au coeur du fief adéquiste et alors que le gouvernement libéral se fait une spécialité depuis plusieurs semaines de donner envie à ceux qui l'ont élu de prêter l'oreille à ce qui se passe du côté des autres formations politiques. Mais ce n'était que le début de la course...












