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Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a bien travaillé le contenu du nouveau plan pour contrer le décrochage au Québec. Malheureusement, elle a négligé la forme qui prend pourtant dans ce cas une valeur importante. Pas de premier ministre, pas d'enseignants, pas de directeurs d'école pour l'appuyer lors de la présentation de ce plan si attendu dont le titre est pourtant «Tous ensemble pour la réussite scolaire. L'école, j'y tiens».

Si nous voulons mobiliser les Québécois autour de l'éducation, il faut d'abord que le premier ministre manifeste un intérêt, d'autant plus s'il a la responsabilité des dossiers jeunesse. Ce n'est sûrement pas parce qu'il craignait d'être accusé de propagande comme Barack Obama que Jean Charest ne participait pas mercredi à la conférence de presse de la ministre Courchesne.

Le PM avait un Conseil des ministres, un coup de balai à donner? Soyons sérieux. En fixant un autre moment pour dévoiler le plan, M. Charest ainsi que les ministres de l'Emploi et de la Santé et des Services sociaux qui doivent collaborer avec le ministère de l'Éducation, auraient pu être présents et montrer que la persévérance scolaire est vraiment une priorité pour le gouvernement libéral.

De plus, même si la conférence de presse se déroulait dans une école, la ministre Courchesne n'a pas jugé bon de faire entendre la voix des enseignants, des élèves, des directeurs d'école, des parents. Comme si l'école pouvait exister sans eux. Comme s'il suffisait qu'un homme d'affaires (Jacques Ménard) vienne dire bravo à la ministre pour son beau travail pour que plus d'élèves restent en classe plutôt que de décrocher.

Les voix discordantes des syndicats d'enseignants et des associations de directeurs d'école se sont vite fait entendre. Difficile de mobiliser et de convaincre les élèves et les parents de mieux travailler lorsque les principaux acteurs ne semblent pas sur la même longueur d'onde. Pourtant, le plan Courchesne a des mérites. Nous y reviendrons.

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