Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a eu raison de convoquer une centaine de chefs d'État à New York pour une rencontre spéciale. Celle-ci a permis aux nouveaux participants de faire connaître leur position et aux plus anciens de montrer qu'ils étaient prêts à sortir de leur immobilisme.
La séance d'hier a forcé des dirigeants à se mouiller un peu plus sur leur plan d'attaque pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Des signaux ont été envoyés et les négociateurs pourront ainsi progresser au cours des prochains mois dans leurs travaux pour éviter que la conférence de Copenhague aboutisse à un cul-de-sac.
Élan d'optimisme? Dans le dossier complexe du réchauffement climatique, il vaut mieux croire en la théorie des petits pas. Les comportements humains et les modes de production ne changent pas en claquant des doigts. Qui plus est, même s'il est de plus en plus reconnu que développement économique et réduction des émissions de gaz à effet de serre sont compatibles, le ralentissement économique incite plusieurs dirigeants à avancer avec prudence. Ils veulent bien lutter contre les changements climatiques, mais ils ne veulent pas compromettre la relance ni être seuls à faire des efforts.
Il faut donc compter sur l'effet d'entraînement pour parvenir à des résultats positifs à Copenhague et donner suite au Protocole de Kyoto.
Lorsque la Chine s'engage à réduire la croissance des gaz à effet de serre d'ici 2020 comparativement à 2005, elle indique qu'elle est prête à avancer. Il est permis d'espérer qu'elle arrivera au Danemark avec un objectif concret et chiffré.
Lorsque le nouveau premier ministre du Japon confirme devant l'ONU que son pays diminuera de 25 % d'ici 2020 les émissions de CO2, il indique au monde entier que les choses ont changé au Japon et que ses objectifs sont plus ambitieux que ceux de son prédécesseur, qui visait une réduction de 8 %.
C'est aussi le cas des États-Unis. Barack Obama diffère de George Bush. Le président américain a affirmé hier qu'il y a urgence d'agir «audacieusement, rapidement et ensemble». Que de bons mots? C'est déjà plus que le président précédent qui niait l'existence d'un problème. C'est une condition première et essentielle pour chercher des solutions avec la communauté internationale. Cela vaut aussi pour le Canada.










