Si cette approche de bulldozer lui joue souvent de vilains tours - pensons à son affirmation de la semaine dernière que personne ne lit les programmes électoraux... qu'il a ensuite regrettée et nuancée! -, il y a des situations où il faut reconnaître que ça peut être de la très bonne politique.
Le cas du train grande vitesse, le fameux TGV Québec-Windsor, est l'un de ceux où il faut se féliciter d'entendre tonner le premier citoyen de la capitale pour défendre les intérêts des siens. Si le projet fait l'objet d'un consensus, s'il rallie les partis malgré son coût exorbitant - l'investissement est évalué entre 15 et 20 milliards $ - eh bien, Québec doit recevoir ses trains futuristes en même temps que Montréal et Toronto. Pas question de commencer par le tronçon le plus achalandé, sinon, la capitale finira laissée-pour-compte.
Régis Labeaume est conscient qu'il jouit actuellement d'un immense capital de sympathie auprès des citoyens de la grande région de Québec. Il sait de même que celui-ci peut disparaître rapidement. Alors pendant que ça dure, il sème la crainte pour récolter la manne.
Aucun chef de parti n'a en effet envie de se le mettre à dos. Aucun élu ne veut prendre le risque de se faire vilipender en campagne par un politicien qui a la langue aussi bien pendue et le croc aussi acéré. Conservateurs, libéraux, bloquistes, péquistes, tout le monde le courtise, l'encense et tient à se faire photographier à ses côtés. Or, M. Labeaume l'a compris et monnaye donc l'endossement de ses projets.
Dans le cas du train, la région de Québec a-t-elle absolument besoin d'un TGV? La réponse honnête est non. Surtout dans le contexte économique actuel et dans l'état des finances publiques. Mais elle a nécessairement besoin d'un train rapide pour relier Montréal dans un délai beaucoup plus court et à une beaucoup plus grande fréquence.
Toutefois, la mode est au TGV. La Chine vient de signer avec Bombardier un contrat pour la livraison de 80 trains grande vitesse et de 1120 voitures. En avril dernier, le président Barack Obama présentait son plan pour doter les États-Unis de 10 nouveaux réseaux de trains à grande vitesse, dont trois concernent directement ou indirectement Montréal. Ici, Michael Ignatieff et Gilles Duceppe sont d'accord pour en faire une priorité.
Alors, emboîtons le pas au maire Labeaume pour ne pas rater le départ.













