Lors d'une entrevue au Journal de Québec la semaine dernière, M. Labeaume a été cité pour avoir dit : «Il faut que les gens craignent le maire.» Or, les gens dont il était question, c'était les fonctionnaires municipaux.
Dès la parution du texte, le maire s'est indigné, expliquant à qui voulait l'entendre avoir été cité hors contexte. «J'ai parlé de la crainte, en répondant à une question au sujet de la corruption et des cartels», a-t-il martelé. Les employés n'étaient pas visés.
Qui a raison et qui a tort? Le Journal et le maire ont tous deux droit au bénéfice du doute. L'incompréhension mutuelle apparente n'a manifestement rien à voir avec la mauvaise foi.
Le journaliste impliqué est un professionnel expérimenté et respecté. Quant à M. Labeaume, il a profité de toutes les occasions offertes pour réitérer qu'il n'a jamais été question pour lui d'instaurer un régime de terreur dans sa fonction publique municipale. Il a donc transmis aux employés un courriel et a rendu accessible une vidéo faisant une mise au point. «Vous avez été offensés, et j'en suis désolé», a-t-il spécifié.
L'histoire devrait s'arrêter là. Mais ce n'est pas le cas. Il y en a qui ont intérêt à attiser l'animosité.
Ainsi, faute d'une candidature vraiment menaçante pour le populaire M. Labeaume, les syndicats représentant les différents groupes d'employés savent qu'ils devront se frotter à lui à nouveau au cours du prochain mandat. Belle occasion de tenter de miner sa crédibilité.
Il est vrai que le maire doit vivre avec les défauts de ses qualités. Il parle franc, il parle fort et il parle vite. Il reconnaît d'ailleurs qu'il affirme à l'occasion des choses qu'il préférerait ne pas avoir dites. L'expression «fourreurs de système» à propos des employés municipaux est sans doute de celles qui le hantent.
Mais, s'il est de bonne guerre que les représentants syndicaux de la Ville profitent de l'occasion pour rappeler leur mécontentement à l'égard de leur maire qui a de la poigne et qui brasse, ils ne doivent pas dépasser une saine limite. L'hypothèse qui serait discutée aujourd'hui d'un débrayage illégal des cols blancs et des cols bleus est à bannir. Il n'y a absolument rien dans le contexte pouvant justifier pareil dérapage.
Tout le monde à Québec, employés de la Ville compris, ont tout intérêt à préserver le climat social exceptionnel qui prévaut ici, ce qui contribue à l'élan dont tous bénéficient. Il ne sert donc à rien de cracher dans la soupe pour le plaisir d'une bravade. Mieux Québec se porte, meilleures seront les conditions à offrir aux employés.













