Au Québec, et pas seulement à Hérouxville, bien des gens verront d'un bon oeil qu'Ottawa précise que «l'ouverture et la générosité du Canada excluent les pratiques culturelles barbares qui tolèrent la violence conjugale, les meurtres d'honneur, la mutilation sexuelle ou d'autres actes de violence fondée sur le sexe». Selon le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, il est important que tout le monde au Canada comprenne que le multiculturalisme ne justifie pas ces pratiques.
Il n'est pas superflu que le gouvernement apporte ce type de précision. Elle atteint cependant vite ses limites. Ce qui provoque parfois des frictions entre Canadiens de souche et immigrants n'est pas le traitement des cas de meurtre ou de violence conjugale. Le Code criminel s'applique indistinctement à tous.
Ce sont les accommodements trouvés par les tribunaux ou par les organisations pour concilier les droits des uns et des autres, notamment sur des questions religieuses, qui agacent et qui continueront de déplaire à une partie de la population. Le multiculturalisme impose des compromis. Ottawa omet de le préciser.
Le gouvernement a fait par ailleurs des progrès indéniables dans la rédaction de son nouveau guide sur la citoyenneté. Celui-ci ne dit pas tout sur l'histoire du Canada, sur les tensions Québec-Ottawa et sur les valeurs qui animent les habitants du pays. Mais la dernière version s'apparente moins à une brochure touristique en révélant plus franchement la réalité canadienne.
L'ancien guide préparé du temps du gouvernement libéral de Jean Chrétien se voulait une mise en valeur du plus «beau et meilleur» pays du monde. Le nouveau ne gomme pas les tiraillements qui ont marqué le pays et les évènements controversés et moins glorieux de son histoire. La présentation est plus complète et plus représentative du passé et du présent des Canadiens.
On peut toujours reprocher au gouvernement d'accorder trop d'importance à certains thèmes, par exemple ses activités militaires, et d'en aborder d'autres de façon trop succincte, comme le mouvement souverainiste au Québec. Il en fait néanmoins mention et n'essaie pas de faire croire aux nouveaux arrivants que tout est harmonieux et uniforme d'un océan à l'autre.










