Un répit, voire un élan...

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Pierre-Paul Noreau
Le Soleil

(Québec) Les mauvaises nouvelles se sont succédé en cascades pour les militants de l'Action démocratique du Québec (ADQ) depuis la déconfiture des dernières élections générales. La désignation de Gérard Deltell comme nouveau chef va vraisemblablement mettre un terme à cette période de déprime. Son arrivée ne garantit pas la survie du parti sous respirateur artificiel, mais elle va assurément lui donner un répit, et probablement même un élan pour au moins quelques mois.

À la base, l'ancien journaliste de TQS apporte de la fraîcheur, de l'énergie et un enthousiasme communicatif qui vont stimuler les vrais adéquistes, soit ceux qui aiment la politique, logent à droite et ne se sentent aucune affinité ni avec les libéraux ni avec les péquistes.

Gérard Deltell va les attirer grâce à ses qualités de rassembleur, ayant soigneusement évité depuis son entrée en politique de se faire de vrais ennemis. Il est ainsi resté une figure sympathique, capable de rallier les gens des différentes factions.

Il aura cependant fort à faire pour ramener au bercail les Marc Picard et Éric Caire. Ce dernier tout particulièrement ne peut qu'être très frustré de voir le poste de chef qui lui revenait de droit lui passer sous le nez. Sa démission de l'ADQ a fait tomber Gilles Taillon, mais lui a aussi coûté la direction.

Sur cette question, on a d'ailleurs pu constater que le député de Chauveau avait de bons réflexes politiques lorsqu'il a refusé de s'engager à ramener ses ex-collègues devenus indépendants. Il s'est sagement limité à plaider qu'il allait s'échiner à rendre le parti accueillant...

L'Action démocratique sera enfin bien servie par un homme qui connaît les médias et qui est capable de les exploiter. Il a ainsi longuement profité de son premier point de presse pour parler directement aux citoyens via les caméras plutôt que de vraiment répondre aux questions posées. Et il s'en est tenu à une recette éprouvée pour marquer des points, soit marteler un message simple et direct, décliné sous plusieurs formes.

Comme communicateur, Gérard Deltell est habile, mais il n'est pas Mario Dumont. Loin s'en faut. Néanmoins, il jouira d'un contexte très favorable pendant les prochains mois. D'une part, il y a la période des Fêtes qui va lui donner du temps pour s'organiser un peu. Et il y a surtout les histoires embarrassantes qui s'additionnent pour le gouvernement Charest et qui pourraient aider à grossir la clientèle adéquiste.

S'il ne veut pas être un simple chef intérimaire ou, pire, le fossoyeur de l'ADQ, Gérard Deltell a six mois devant lui pour accumuler les petits miracles et notamment faire grimper la cote d'amour de son parti de plusieurs points. Pour l'instant, le jeu est ouvert.

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