Qui se surprendra ce matin de lire et d'entendre que pour la majorité des acteurs socioéconomiques intéressés à l'avenir du Québec, l'éducation doit se trouver en tête de liste des priorités du gouvernement? De même, qui s'étonnera de constater qu'il y a un consensus total sur le fait que Québec doit miser encore plus sur l'hydroélectricité pour se démarquer, parce qu'il s'agit d'un avantage comparatif indéniable à l'heure où la question environnementale influence les choix d'une majorité de décideurs sur la planète?Attention, le Québec doit aussi vite développer des technologies vertes parce que le premier joueur qui réussira pourra ensuite vendre ses découvertes au reste de la planète...
Avait-on besoin de rassembler les têtes d'affiche parmi les plus importantes de la scène sociale, économique et politique de la province et les retenir dans un même lieu pendant 24 heures pour énoncer pareilles évidences? La réponse claire et brutale est non. L'exercice se résume à un déplorable gaspillage d'énergie.
Le plus dramatique, c'est qu'avec pareil aréopage réuni autour de lui, Jean Charest a raté une occasion unique de débattre des véritables enjeux de fond confrontant le Québec. Il a raté la chance d'entendre des esprits éclairés et des gestionnaires de haut calibre discuter des arbitrages inévitables à faire pour espérer maintenir l'actuelle prospérité du Québec pendant les deux prochaines décennies.
Jacques Ménard, président du conseil d'administration de BMO Nesbitt Burns, a d'ailleurs ramené tout le monde sur terre en fin de plénière, en signalant poliment que le fardeau de la dette est si lourd au Québec qu'il handicape déjà l'action et que malheureusement, ce portrait va empirer dans les prochaines années.
L'évident sous-entendu est que tout le monde peut bien ergoter sur la nécessité de mettre l'éducation en première ligne des préoccupations publiques, ça ne changera rien au fait que le gouvernement n'a pas les moyens de ses ambitions.
La formule qui a été choisie par Jean Charest pour convier les grands acteurs socioéconomiques québécois à s'asseoir autour de lui était sans risque, ni pour eux, ni pour l'équipe libérale. Elle était aussi somme toute sans grand intérêt.
















