La performance de la Caisse en 2009 décevra encore une fois. Non pas que le rendement sera effroyablement négatif comme en 2008, mais bien parce qu'au jeu de la comparaison du rendement annuel, la Caisse sera à nouveau dépassée par d'autres fonds de retraite au Canada.
Déjà, à l'automne, la prévision d'un rendement tournant autour de 6 % pour l'institution québécoise, alors que les autres caisses faisaient miroiter le double, a suscité déception et mécontentement. Ce n'est pas encore cette année que la caisse se renflouera et fera oublier la fin peu glorieuse de l'époque Rousseau-Guay. Michael Sabia prévient même qu'il faudra attendre de deux à trois ans avant que la caisse ne se hisse à nouveau parmi les meilleurs.
La direction de la Caisse se retrouve devant des attentes très élevées et essaie manifestement de les atténuer. Michael Sabia, dont la nomination a été très contestée, semble vouloir parer les critiques négatives prévisibles par un exercice de pédagogie. Bonne chance!
La décision de la Caisse de présenter dorénavant un aperçu de ses résultats à la mi-année ne fera qu'accentuer le jeu des comparaisons. Elle l'exposera aussi davantage aux pressions politiques et de l'opinion publique.
Le pdg a raison de fixer comme objectif de créer à la Caisse une culture fondée sur la prise de risques mesurés, afin de fournir à chacun des 25 déposants les rendements à long terme dont il a besoin pour assurer la pérennité de son régime de retraite ou d'assurance.
Après la dégringolade de 25 % en 2008 (39,8 milliards $ de pertes), cette approche sage et prudente est de mise. Il ne faut cependant pas se leurrer. Ceux qui ont été prompts à dénoncer la gestion déficiente des risques et l'engouement de l'ancienne équipe pour des produits méconnus et complexes seront les premiers à déplorer que la Caisse devient, sous Sabia, trop conservatrice.
Ainsi va la relation entre la Caisse de dépôt et le public. Un pdg y arrive en sauveur, mais en ressort souvent malmené selon les fluctuations des marchés financiers, boursiers, obligataires et immobiliers. M. Sabia a beau vouloir limiter les attentes des Québécois, ils n'en exigeront pas moins de lui et de son équipe. Qui plus est, la rémunération versée aux dirigeants de la Caisse leur retire tout droit à l'erreur.










