Le fera-t-il? Même si le ministre des Finances, Raymond Bachand, prépare depuis un long moment les esprits à un vigoureux coup de barre, évoquant des hausses de taxes et de tarifs, et un ménage dans les programmes financés par l'État, il faut craindre la tactique usée du «j'évoque le pire pour faire accepter le moindre mal...»
Or, l'esquive serait honteuse. Le prochain budget doit enclencher la mécanique qui fera que les générations qui suivent n'auront pas éternellement à payer les excès actuels.
À cet égard, le nouveau chef de l'ADQ, Gérard Deltell, est lucide et frappe sur la bonne cible en réclamant des réductions significatives des dépenses gouvernementales et un plan d'action détaillé pour stopper l'endettement collectif des Québécois. Reprendre le contrôle des finances publiques est bel et bien la grande priorité de la session qui recommence.
De son côté, le Parti québécois n'a pas tort de vouloir ramener les questions de l'éthique gouvernementale et de la corruption dans le milieu de la construction à l'avant-scène, car le Parti libéral est loin d'être à la hauteur des attentes des citoyens à ce chapitre. Mais Pauline Marois doit en même temps prendre acte que ces derniers sont passés à autre chose.
Sa pétition électronique de quelque 40 000 noms pour exiger une commission d'enquête publique est un succès relatif quand on songe que toute la machine péquiste était derrière cette opération mobilisation pendant des semaines. Et la marche des cégépiens et des politiciens de l'opposition qui a réuni 200 personnes à Montréal à la fin janvier a sans doute ajouté à la conviction de l'équipe ministérielle qu'il n'y a pas lieu de s'affoler.
Le niveau inchangé de satisfaction à l'égard du gouvernement Charest dans les sondages de janvier avait de toute manière déjà indiqué que l'enquête publique n'était pas un incontournable pour les libéraux. Leurs vis-à-vis auront besoin de nouvelles révélations pour espérer hausser la pression.
Quant au dossier des valeurs québécoises et de l'identité auquel s'accroche l'opposition officielle, sera-t-il autre chose qu'un carburant pour tenter de remettre la souveraineté au goût du jour? Il faut le souhaiter. Au moins, le projet de Charte de la laïcité piloté par Louise Beaudoin a le potentiel pour faire progresser ce débat.










