Ce n'est pas que tout ait été parfait sur la côte ouest. Le décès du lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili lors d'une séance d'entraînement a durement secoué la famille olympique dès son arrivée. Dans une moindre mesure, forcément, la place du français et du Québec lors de la cérémonie d'ouverture a soulevé une critique amplement justifiée. S'y ajoutent la kyrielle de problèmes logistiques survenus et réglés au fur et à mesure, et tous les dérangements découlant des rassemblements d'envergure et des importantes mesures de sécurité qu'ils exigent pour que personne ne vienne déranger la fête.
Ce que la très vaste majorité des spectateurs retiendront néanmoins de ces Jeux, ce sont des moments d'émotion, de jubilation et d'émerveillement devant les prouesses, la maîtrise et les efforts surhumains déployés par ces sportifs de calibre international. Nul doute que les programmes de soutien aux athlètes comme À nous le podium devront être maintenus à la lumière des succès, de la fierté et de l'inspiration qu'ils engendrent.
Plus globalement, ce sont aussi l'ambiance festive, l'enthousiasme des spectateurs dans les gradins et autour des plateaux, et le centre-ville vancouvérois constamment envahi par une foule enjouée qui vont marquer les annales olympiques. Comme l'a souligné le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, les Jeux de Vancouver ont été «excellents et très amicaux».
La grande ville portuaire de l'Ouest se retrouve quant à elle aujourd'hui avec un legs précieux, à la fois tangible et intangible. Il y a évidemment les installations sportives qui deviennent disponibles, certaines pouvant être transformées en centres d'entraînement nationaux.
Il y a de même les infrastructures d'accueil de toutes sortes, et particulièrement de transport en commun, qui ont été singulièrement améliorées pour la quinzaine olympique et dont bénéficieront aussi désormais les Britanno-Colombiens.
Il y a d'autre part la couverture médiatique mondiale qui a projeté du Canada et tout particulièrement de la province du premier ministre Gordon Campbell une image extrêmement positive, malgré les soubresauts du début. La beauté de l'environnement conjuguée à la cordialité des habitants va assurément inciter nombre de touristes à choisir Vancouver comme future destination vacances.
La ville a de plus consolidé son image de marque comme hôtesse potentielle d'événements de classe mondiale, permettant à plusieurs gestionnaires locaux de parfaire leur expertise et d'élargir leur réseau de contacts.
Or, ce rutilant bilan pourrait aisément devenir celui de Québec dans la mesure où le difficile problème de l'absence d'une montagne de classe olympique peut être corrigé. Oui, il y a encore bien des efforts à déployer et des centaines de milliers de dollars à investir avant d'y parvenir, mais les Jeux en valent la chandelle.
Le maire Régis Labeaume propose avec sagesse de travailler méthodiquement en dotant la région des équipements requis et en élargissant en même temps l'expertise et la renommée de Québec grâce à la présentation d'événements sportifs et culturels internationaux. Québec et Ottawa seront assurément derrière lui dans cette quête.
Pour ce qui est de l'hospitalité, de l'enthousiasme et du français, les Québécois s'en chargent.












