Rien de vraiment neuf, d'innovateur et de mobilisateur pour les Canadiens. Le gouvernement conservateur demeure fidèle aux valeurs et aux créneaux qu'il préconise depuis quatre ans.
Les travaux parlementaires auraient très bien pu reprendre le 25 janvier. Avait-on besoin d'un arrêt de plus de deux mois pour prévoir que le gouvernement conservateur limiterait les investissements publics lorsque l'économie reprendrait son souffle et qu'une ère d'austérité s'annonçait dans les ministères? Bien sûr que non.
Pas plus qu'il n'était nécessaire de fermer les Communes pour savoir que les conservateurs continueraient de miser sur le populaire thème de la sécurité et de l'ordre, et que les considérations environnementales ne figurent pas en tête de leurs priorités. L'instauration d'une Journée des aînés et la création d'un Prix du premier ministre pour le bénévolat ne justifiaient pas plus la fermeture du Parlement.
Avec le discours du Trône de mercredi, il est impossible de donner le bénéfice du doute aux conservateurs. Ils ont bel et bien méprisé les principes démocratiques pour ne pas avoir à répondre à des questions embarrassantes sur la torture de prisonniers en Afghanistan et sur leur position à Copenhague.
Avec le programme présenté mercredi, il est aussi difficile d'accorder une confiance accrue au gouvernement Harper car plusieurs points suscitent des questions. Certains dossiers seront également encore l'objet de discorde avec le Québec. Pensons à ceux de la représentation du Québec à la Chambre des communes et au Sénat, de la péréquation, d'une commission unique des valeurs mobilières.
Pour donner le bon exemple, Ottawa annonce notamment un gel des salaires du premier ministre, des ministres, des députés et des sénateurs. Quels seront les sacrifices exigés de la part des Canadiens et des provinces? Pas un mot. Espérons que le ministre des Finances sera plus précis aujourd'hui.
Deux fois plutôt qu'une, les conservateurs indiquent également leur volonté de procéder à un ménage dans les règlements qui compliquent inutilement l'approbation de projets. Comme ils souhaitent soutenir la mise en valeur des ressources énergétiques et minérales du Canada, notamment de l'uranium, la vigilance est de mise.
Il est aussi essentiel de suivre avec attention quels critères utiliseront les conservateurs pour procéder à l'examen des dépenses ministérielles et éliminer toutes les nominations jugées superflues au sein d'organismes fédéraux, de commissions ou de sociétés d'État.
Au cours des quatre dernières années et encore mercredi, le gouvernement Harper a malheureusement prouvé plus d'une fois que son idéologie et ses intérêts partisans servaient de normes. Ce n'est cependant pas avec celles-ci qu'il garantira un Canada plus fort, une économie plus forte.












