Le portrait démontre aussi que l'importance politique et économique des femmes est loin d'avoir atteint leur poids démographique. Certes, près d'un siège sur deux au Conseil des ministres est occupé par une femme. Un choix aussi exemplaire que judicieux qui nous fait presque perdre de vue que, malgré qu'elles constituent la moitié de la population québécoise, moins du tiers des députés de l'Assemblée nationale sont des femmes.
La situation est la même au palier municipal, où les femmes représentent moins de 30 % des conseillers et 15 % des élus à la mairie. À la Cour du Québec, sur les 266 juges en exercice en janvier 2009, seulement 88 étaient de sexe féminin. L'an dernier, les femmes occupaient à peine 13 % des sièges dans les conseils d'administration des 500 plus grandes sociétés canadiennes.
Bien sûr qu'il y a eu du progrès, bien sûr que la situation a évolué depuis 50 ans alors que les femmes n'avaient à peu près pas accès aux lieux de pouvoir, bien sûr que les femmes ne sont plus confinées derrière leurs casseroles, et bla bla. Mais est-ce que la place des femmes sur le marché du travail et aux postes de direction est devenue pour autant une question sans pertinence? Poser la question, c'est y répondre.
Les femmes ne sont peut-être plus prisonnières de leurs chaudrons, mais il n'en demeure pas moins que leur taux de participation aux activités domestiques est toujours plus important que celui des hommes (91,8 % contre 78,5 %). Et que plus des trois quarts des familles monoparentales québécoises sont dirigées par des femmes. Difficile, dans ces conditions, d'occuper les espaces décisionnels...
Cela dit, s'il reste beaucoup de chemin à parcourir pour obtenir la parité dans les lieux de pouvoir, la parité dans le revenu est à portée de main. Suffit que les entreprises fassent preuve d'un minimum de volonté, celle de se conformer à la loi.
En 2006, les revenus totaux moyens déclarés par les femmes correspondaient à 63 % de ceux des hommes. En 2008, près de 60 % des travailleurs rémunérés au salaire minimum étaient des femmes.
Le fait est que le principe d'équité salariale n'est toujours pas ancré dans les mentalités des dirigeants d'entreprise. Au Québec, plus de 40 % des entreprises de 10 employés et plus ne se sont toujours pas pliées à la Loi sur l'équité salariale. L'exercice peut sembler difficile parce qu'il s'agit d'une façon nouvelle de concevoir et d'évaluer le salariat féminin, mais il est réalisable. À preuve, un peu plus de la moitié des entreprises visées ont revu leurs pratiques.
Si toutes les entreprises se conforment à la loi, ce sont quelque 600 000 travailleuses, soit près de 50 % des salariées du Québec, qui auront eu droit à des ajustements à la fin du processus.
Souhaitons qu'on ne repoussera pas une nouvelle fois la date butoir, fixée au 31 décembre 2010. Les femmes ont assez attendu. Québec devra se donner les moyens pour s'assurer que l'équité aura été réalisée dans toutes les entreprises d'ici la fin de l'année. La loi, qui prévoit des pénalités financières importantes aux entreprises retardataires, devra être appliquée rigoureusement. On ne le répétera jamais assez : l'équité salariale est un droit non négociable.










