Ces ratés troublants du système de santé du Québec ont mis le ministre Yves Bolduc sur la sellette hier à l'Assemblée nationale. Et c'est normal. Comme Philippe Couillard et Pauline Marois avant lui, il porte ultimement la responsabilité des dérapages dans l'un ou l'autre des établissements sous sa garde.
En même temps, toute la colline parlementaire le sait, la Santé est un ministère impossible. Et le défi a été encore plus grand à relever pour l'actuel titulaire puisqu'il a eu à succéder au populaire et brillant communicateur Philippe Couillard.
Mais, tout mal-aimé qu'il soit, Yves Bolduc sait que personne ne grenouille pour prendre sa place. Aucun de ses collègues n'en veut, conscient qu'il n'y a aucune solution miracle pour transformer radicalement les choses.
Oui, Jean Charest s'est fait élire en 2003 en s'engageant à régler les problèmes en santé. Or, sept ans plus tard, le dossier est presque toujours aussi chaud, même si plusieurs améliorations ont été apportées comme l'ont démontré des données dévoilées par le ministre en janvier, données qui n'ont pas été contestées.
La machine fonctionne d'ailleurs assez bien pour avoir relevé avec brio l'imposant défi de l'opération d'urgence autour du H1N1. La population a été protégée, même si la menace était plus faible que prévu.
Comme la plupart de ses collègues, Yves Bolduc serait sans aucun doute capable d'offrir aux Québécois de meilleurs services pour peu que le ministre des Finances lui consente de généreuses ressources.
Mais le gouvernement a beau accorder à la Santé un statut spécial depuis des années et lui allouer des budgets croissant plus vite que l'inflation, la lumière n'apparaît toujours pas au bout du tunnel.
Pire, dans les dernières heures, les médecins généralistes ont exhorté Québec à être plus généreux à leur égard. Le porte-parole des spécialistes, Gaétan Barrette, a aussi exigé davantage pour les siens pourtant passablement choyés. Et il y a les infirmières qui menacent de refuser le temps supplémentaire obligatoire. Et les directeurs d'hôpitaux et les gestionnaires des soins à domicile qui allongeront déficits et listes d'attente faute d'un soutien supplémentaire de plus de 5 %...
En somme, ce n'est pas Yves Bolduc qui contrôle la Santé, mais le tandem Jean Charest?Raymond Bachand. Et les deux sont condamnés à réaliser un miracle avec le prochain budget.










