L'approche matamore

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Pierre-Paul Noreau
Le Soleil

(Québec) Il faut avoir du culot pour débarquer en conférence de presse comme l'ont fait lundi le directeur général Richard Goyette et l'avocat de la FTQ-Construction, Me Robert Laurin, en roulant des mécaniques et en menaçant ceux qui osent questionner les agissements douteux relevés dans leur environnement. Si ces messieurs croyaient ainsi démontrer que les méthodes d'intimidation répugnaient à la FTQ-Cons­truction, ils n'ont convaincu personne.

Heureusement, leur approche matamore n'intimidera guère. Ils peuvent multiplier les poursuites, les cours de justice ne sont pas des chantiers où il est possible de faire la loi à coups de menaces et de bousculades.

En fait, ceux qui devraient surtout s'inquiéter de ce qui se passe à la FTQ-Construction se trouvent au-dessus de MM. Goyette et Laurin, et aussi en dessous, soit la direction de la centrale et les syndiqués qui la font vivre de leurs cotisations.

Quand les policiers de la Sûreté du Québec perquisitionnent dans les locaux du Fonds de solidarité, dans ceux de la FTQ-Construction et dans ceux de son bras immobilier, la SOLIM, c'est toute la centrale qui est éclaboussée. Les contribuables québécois ont beau apprécier les alléchants crédits d'impôt lors des campagnes REER, ils vont finir par y penser à deux fois avant de se tourner vers le Fonds FTQ s'ils craignent que leurs épargnes ne financent des affaires louches.

Le président de la FTQ, Michel Arseneault, a donc la responsabilité de mettre de l'ordre dans son organisation, dont la réputation a été entachée à plusieurs reprises au cours des derniers mois, quitte à provoquer d'autres changements aux plus hauts échelons. Dans la mesure, évidemment, où il a les coudées franches.

Quant aux travailleurs, ils doivent, eux, poser les questions qui s'imposent à leurs représentants. Après les dépenses somptuaires de l'ex-directeur de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, qu'ils ont financées, voilà que des individus ayant des fonctions syndicales auraient des comportements répréhensibles sur les chantiers. Et il y a l'argent qui circule proche du crime organisé...

Les travailleurs de la FTQ ne sont pas dupes. Ils voient et entendent des choses auxquelles ils ne veulent pas être associés. En conséquence, ils doivent dénoncer à l'interne et à l'externe pour que ça cesse.

On veut bien donner la chance au coureur, mais l'histoire ne cesse de se répéter. La Gaspésia, le chantier Alouette en 2003 et maintenant les cas de la Côte-Nord. Le juge Robert Lesage, qui a démontré les comportements de gros bras de la FTQ-Construction à la Gaspésia, est certainement plus crédible que Richard Goyette pour témoigner de cette réalité.

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