L'école à tout faire

Brigitte Breton
Le Soleil

(Québec) L'école québécoise est sans cesse dénigrée et pourtant, elle ne cesse d'être appelée à la rescousse pour pallier les lacunes dans la formation et l'éducation des jeunes. La dernière mission que l'on veut lui confier? Offrir obligatoirement un programme d'initiation à la natation  aux élèves du primaire pour réduire les risques de noyade. Voilà une autre belle façon de déresponsabiliser les parents.

Les écoles primaires ne sont pas équipées de piscines. Elles ne sont pas non plus situées nécessairement près d'un centre communautaire, d'une école secondaire ou d'un cégep profitant d'un tel équipement. Si le programme d'initiation à la natation devenait obligatoire, les écoles devraient donc payer des autobus pour transporter à trois reprises les élèves de la classe vers un plan d'eau.

Bien des dépenses, des déplacements et du temps, non pas pour faire de tous les petits Québécois de bons nageurs. Mais bien pour informer les parents du niveau de compétence de leur enfant dans l'eau et leur recommander, dans certains cas, de l'inscrire à un cours de natation.

Le même résultat peut être obtenu autrement et à moindres frais pour le réseau scolaire. Pourquoi demander à l'école d'assumer cette responsabilité? Il appartient aux parents de veiller à ce que leur enfant soit en sécurité dans l'eau. C'est leur responsabilité de les inscrire à des cours de natation, de leur donner des consignes de sécurité et d'assurer une surveillance lorsqu'ils sont près d'une piscine ou d'un lac avec eux.

Printemps, été, automne et hiver, les municipalités et les organismes de loisirs offrent des sessions de cours de natation. L'école n'a pas à servir d'intermédiaire entre eux et les parents. Le milieu scolaire peut certainement sensibiliser enfants et parents à l'importance de savoir nager et de respecter les règles de sécurité aquatiques, mais il n'a pas à évaluer et à juger les habiletés des enfants en cette matière. La mission de l'école est assez chargée sans devoir en plus trimbaler les écoliers à la piscine. Que les parents s'en chargent le soir ou la fin de semaine.

Des familles ne peuvent défrayer le coût de ces cours pour les petits? Les municipalités et les organismes de loisirs peuvent sans doute leur fournir un soutien sans que le ministère de l'Éducation ait à s'en mêler et à ajouter un programme obligatoire au cursus.

Présentement, des jeunes n'ont pas accès à l'école aux services professionnels pour apprendre à lire, à compter et pour réussir leur parcours scolaire. Des parents d'enfants handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage doivent se battre, parfois même devant les tribunaux, pour obtenir du soutien pour leurs enfants. L'école n'arrive pas à combler tous les besoins reliés directement à sa mission éducative de base. À d'autres de veiller à ce que les jeunes s'amusent de façon sécuritaire dans l'eau.


publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer